Près de 6.500 professionnels, notamment Chinois, se sont donné rendez-vous dès lundi pour un événement unique dans le monde du vin et très attendu cette année : la traditionnelle semaine des primeurs à Bordeaux, où sera dégusté et noté le millésime 2016 des grands crus, déjà considéré comme « exceptionnel ».

Avec des conditions climatiques excellentes qui ont permis presque partout une récolte à maturité optimale, le millésime 2016 a éveillé l’intérêt pour ces primeurs des négociants, courtiers, acheteurs de la grande distribution, cavistes et journalistes spécialisés. Pour le château Kirwan, grand cru classé en Margaux, « il existe quelques exemples de grands duos de millésimes, comme 1928/29 ou 1989/90 et dernièrement 2009/2010. Il y a maintenant 2015/2016. Les vins sont d’une extrême fraîcheur et montrent un fruit éclatant, plus spectaculaire encore qu’en 2015. C’est la marque de 2016. »

>> A lire aussi : Bordeaux: La très belle récolte viticole 2016 va atteindre des niveaux record de production

Un système de vente bien particulier et typique de Bordeaux

Le nombre d’inscrits pour ces primeurs a augmenté de 43 % par rapport à l’année dernière. Certains font déjà la tournée des châteaux puisque des « pré-primeurs » se sont ouverts depuis quelques jours.

 

L’Union des grands crus de Bordeaux (UGCB), qui regroupe 133 châteaux sur 6.000 dans le Bordelais, organise ces primeurs. Ce système bien particulier et typique de Bordeaux, consiste à vendre à des négociants, qui revendront aux particuliers, des vins pas encore en bouteille à des tarifs plus avantageux que lorsqu’ils seront mis sur le marché deux ans plus tard. Cette pratique des ventes en primeur remonterait au 18e siècle, mais le système moderne tel qu’on le connaît aujourd’hui date des années 1970.

Les prix influencés par les notes qui seront données

Huit châteaux accueillent officiellement ces dégustations, du Médoc jusqu’au Sauternes. A cela s’ajoutent les dégustations individuelles de plus en plus prisées dans les châteaux et qui ne concernent pas seulement les grands crus.
Ainsi, des dizaines de manifestations « satellites » sont prévues dans des châteaux ne faisant pas partie de l’UGCB, comme le Conseil des vins de Saint-Emilion, des vignerons bio ou en encore le syndicat viticole de Pessac-Léognan.

Les choses sérieuses débuteront ensuite dès la fin avril, avec la vente des vins, leur prix étant influencé par les notes de dégustation des journalistes. Jusqu’à fin juin, 300 grands crus vendent en général 80 % de leur production. Mais, au global, ces ventes représentent un volume très faible par rapport à l’ensemble de la production du Bordelais, et ont très fortement chuté : de 15 % en 2009 à seulement 1,5 % en 2015.

 

 

Mots-clés :