Ce mardi, le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné une vingtaine de ressortissants du Caucase à des peines allant de huit mois à neuf ans de prison, pour des vols, extorsions, recels et contrebande à travers la France dans le cadre d’un réseau de type mafieux « Vory v Zakone ».

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Liés à une fraternité criminelle originaire d’Europe de l’Est ?

Au cours d’un procès de six jours, des peines allant de trois ans de prison avec sursis à 10 ans ferme avaient été requises contre les 22 prévenus de Géorgie principalement, d’Arménie, d’Ouzbékistan, d’Azerbaïdjan, soupçonnés d’appartenir à une fraternité criminelle originaire d’Europe de l’Est. Ils étaient poursuivis pour des faits commis en « association de malfaiteurs » sur une grande partie du territoire national, de Nice à la Dordogne, de la région parisienne à l’Hérault, entre 2011 et 2013.

Douze mandats de dépôt ou mandats d’arrêt, pour les absents à l’énoncé du verdict, ont été délivrés contre les prévenus, parmi lesquels trois femmes. Seul un homme comparaissait détenu dans ce procès de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) dans le crime organisé, de Bordeaux.

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En rendant son jugement, dans une salle sous forte présence policière, le tribunal a indiqué avoir identifié « une organisation de type mafieux », « distincte de la criminalité organisée traditionnelle », strictement hiérarchisée, avec ses cooptations, son code d’honneur intime, ses prélèvements, son pacte du silence, depuis les « exécutants » des divers larcins jusqu’aux « lieutenants » superviseurs, et au « vor », le parrain en charge d’un territoire national. Autant de caractéristiques collant aux « Vory v Zakone » (littéralement les « Voleurs dans la loi »), fraternité criminelle issue des pays de l’ex-URSS et remarquée en France depuis 7 à 8 ans environ. Neuf ans de prison ont été prononcés contre Artur Yuzbashev, un Géorgien de 41 ans, la tête présumée du réseau.

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Le tribunal a explicitement écarté une thèse plaidée en partie par la défense, celle d’une « communauté dont les membres s’entraident », d’une « collectivité de service en faveur de compatriotes déracinés ». A l’absence de traces tangibles, également invoquée par la défense, le tribunal a opposé le contenu d’écoutes téléphoniques, de surveillances, de perquisitions et saisies, dont celles d’au moins quatre armes de poing.

Selon l’avocate d’un des condamnés à de la prison ferme, plusieurs des détenus devraient faire appel du jugement.

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