Bordeaux: A la table des cantines, les nouvelles assiettes en plastique inquiètent les parents

SANTE La mairie de Bordeaux a choisi de remplacer sa vaisselle classique par des assiettes en copolyester dans les 101 écoles maternelles et élémentaires de la ville...

Elsa Provenzano

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Bordeaux, 18 decembre 2012. - Cantine scolaire self-service de l'ecole elementaire Anatole France a Bordeaux. - Photo : Sebastien Ortola

Bordeaux, 18 decembre 2012. - Cantine scolaire self-service de l'ecole elementaire Anatole France a Bordeaux. - Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Depuis janvier, les petits bordelais n’ont plus d’assiettes en verre ou en faïence dans les cantines scolaires mais mangent dans des récipients en copolyester, en plastique donc. Une mesure qui inquiète les parents d’élèves, qui se sont réunis au sein du Collectif Cantine sans Plastique Bordeaux, car ils estiment que « l’innocuité » de ce matériau n’est pas établie.

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« On s’est assuré qu’il n’y avait aucun problème, il n’y a ni bisphénol A, ni phtalates, promet Emmanuelle Cuny, adjointe en charge de l’éducation à la mairie de Bordeaux, qui se dit très étonnée de la réaction des parents d’élèves. Cette vaisselle est déjà utilisée dans plusieurs établissements en France ». Ces assiettes sont réutilisables et ont une durée de vie d’au moins cinq ans selon le fabricant, basé à Saint-Etienne, et peuvent être recyclées, selon la municipalité Bordelaise, par exemple en « poignets pour les pichets ». « Les assiettes sont prévues pour 500 lavages mais compte tenu de l’abrasion déjà constatée et du nombre de lavages qui est sous estimé, on a calculé qu’elles ne tiendraient que 2 ans à 2 ans et demi », avance Sabine Curci, membre du collectif des parents d’élèves.

Améliorer les conditions de travail

« 98 % des enfants restent manger à la cantine à Bordeaux, c’est donc un moment intense pour les agents et les enfants, estime Emmanuelle Cuny. La vaisselle est très lourde donc c’est une amélioration des conditions de travail pour les agents et pour les enfants, c’est moins bruyant et leurs plateaux sont aussi moins lourds ». Un choix que la Ville défend comme une mesure de lutte contre les troubles musculosquelettiques des employés à la restauration scolaire. « Ils portent des dizaines et des dizaines d’assiettes par jour, et doivent les sortir et les ranger des lave-vaisselle », justifie l’adjointe à l’éducation.

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Une inquiétude pour la santé des enfants

« Aucune décision n’ayant été discutée en conseil municipal, et aucune communication n’ayant été faite sur les matériaux utilisés, nous n’avons aucune information sur les substituts au Bisphénol A, colorants et additifs contenus dans la nouvelle vaisselle », écrit le collectif, préoccupé par la présence éventuelle de perturbateurs endocriniens. « Nous suivons les recommandations de l’ANSES, pointe Emmanuelle Cuny. Et, je me suis engagée à faire un contrôle qualité au bout de deux ans pour qu’on s’assure que c’est une vaisselle irréprochable ». Une annonce qui ne calme pas les inquiétudes des parents qui souhaitent que la mairie retire toute la vaisselle en plastique utilisée dans la restauration scolaire « afin d’anticiper tout risque et de protéger la santé de nos enfants ».

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La mairie précise que les plats destinés aux enfants ne sont pas réchauffés dans ces contenants en plastique mais dans des barquettes en cellulose, dont le SIVU s’est récemment équipé. Les assiettes en plastique ont été testées il y a un an et demi, dans une école puis dix et « on n’a eu que des retours positifs », assure l’adjointe à l’éducation. Mais le collectif n’est pas rassuré par ce discours et réclame « une totale transparence » sur le copolyester, en invoquant le principe de précaution s’agissant de la santé de leurs enfants.

Cet équipement semble en tout cas aller à rebours de certaines mesures prises au nom du développement durable, comme les parts de 30 % de produits biologiques et de 38 à 40 % de denrées régionales dans les repas servis aux enfants, au sein des 101 écoles maternelles et élémentaires de la ville. Une pétition a été lancée ce mercredi 22 mars par le collectif, qui devrait rencontrer prochainement un responsable technique de la Ville sur ce sujet.