Drogues, dopage...Comment on reprend sa carrière après une suspension ?

DOPAGE Il y a plusieurs méthodes, même si la dernière n'est pas donnée à tout le monde...

Laetitia Dive

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De frasque en frasque, Diego Maradona a (presque) toujours su rebondir.

De frasque en frasque, Diego Maradona a (presque) toujours su rebondir. — Michael Buholzer

Le club de basket de Pau, L’Elan Béarnais (Pro A), l’annonçait ce mardi par communiqué : son capitaine JK Edwards a été officiellement licencié après avoir été contrôlé positif au cannabis en décembre.

Le pivot américain devrait aussi être suspendu plusieurs mois par la Fédération. Mais, comme d’autres avant lui, il pourrait ensuite reprendre sa carrière normalement. Pour cela, chacun sa méthode.

Purger humblement sa peine 

Dans le basket français, il y a un précédent récent : au cours de l’été 2012, le joueur Mykal Riley, qui venait de signer à Dijon (Pro A) pour deux saisons, a été, lui aussi, contrôlé positif au cannabis.

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Car oui, le cannabis est un produit dopant comme l’explique Dorian Martinez, psychologue du sport et fondateur de Sport Protect : « Lorsqu’il est pris à une certaine dose expérimentée, il permet d’augmenter les performances : les muscles vont se relâcher, les pupilles sont dilatées donc la vision va être meilleure, on ressent moins d’angoisse… Il y a tout un tas d’effets bénéfiques ».

A l’issue de ce contrôle, Mykal Riley avait, d’un commun accord avec le club, rompu son contrat et purgé plusieurs mois de suspension. Après un passage au Venezuela, il était finalement revenu en France… à Dijon : « Ces six mois m’ont appris l’humilité et j’étais très heureux que Dijon ne m’ait pas oublié et de revenir en France », confiait-il au Bien Public à son retour. Depuis trois saisons, il joue avec Nanterre.

Trouver la faille juridique

« Je suis une fois de plus confronté à une situation plus que difficile, on ne me laissera décidément jamais tranquille. » Ainsi se lamentait Christophe Dugarry après avoir été contrôlé positif à la nandrolone, un stéroïde anabolisant, lors du match OM-Lyon, le 1er mai 1999 (0-0).

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Moins d’un an après la victoire de la France en Coupe du monde, le joueur s’est retrouvé dans la tourmente et a fini par être blanchi pour vice de forme : lors du contrôle, la veille du match, le médecin qui avait fait les prélèvements n’était pas encore assermenté et son rapport a donc été invalidé.

Prouver sa bonne foi

Son coéquipier de l’époque, Franck Leboeuf, a lui aussi été soupçonné de dopage. Dans l’émission Le Vestiaire, diffusée sur SFR Sport 1, l’ancien Bleu est revenu sur les suspicions qui planaient sur son cas : « En 1997, je ne vais pas dire dans quelles circonstances, j’ai été dopé à l’EPO avant une compétition et à la fin, un mois après, je ne l’étais plus. Et je n’ai jamais rien pris de ma vie. »

Son cas prouve qu’il est compliqué de prendre des sanctions exemplaires même si, selon Dorian Martinez, « beaucoup d’acteurs du monde sportif souhaitent qu’un athlète contrôlé positif soit banni à vie. Après, est-ce que vous pouvez virer une personne qui a pris un sirop pour la toux sans avoir été prévenu que c’était un produit dopant ? »

Etre une star… voire être « Dieu »

Décidément, l’équipe de France 1998 a défrayé la chronique question dopage. En 1995, Monaco infligeait une sanction financière à Fabien Barthez après que celui-ci a été contrôlé positif au cannabis. Cela n’a en rien altéré la carrière du gardien qui participait à l’Euro huit mois plus tard. Comme quoi, quand on est reconnu, on a moins de risque d’être évincé.

Celui qui le prouve le mieux, c’est Diego Maradona, alias « Dieu ». Addict à la cocaïne, il a été contrôlé positif en 1991 alors qu’il jouait à Naples depuis sept ans. Après un passage à Séville, il avait décidé d’arrêter le football… avant d’être contacté par les Newell’s Old Boys en Argentine.

« En Europe, il était très mal vu. C’est pour ça qu’il a décidé de venir chez nous, se souvient Hector Yuvone, trésorier du club de Rosario à l’époque. Il devait jouer trois matchs mais n’a pas rempli son contrat ici non plus : on l’a retrouvé avec des trafiquants de drogue lors du dernier. »

Pourtant, cette même année 1994, le joueur était sélectionné avec l’Argentine pour le Mondial… avant d’être à nouveau contrôlé positif. « Ici, on lui a toujours tout pardonné. C’était même un immense honneur de le voir porter le maillot des Newell’s puis de la sélection. »

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