Films d'animation: Avec Cartoon Movie, le milieu bordelais en ébullition

NUMERIQUE Bordeaux accueille du 8 au 10 mars l'édition 2017 de «Cartoon Movie», le grand rendez-vous européen des professionnels du film d'animation. L'occasion de faire un zoom sur la filière bordelaise...

Mickaël Bosredon

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L'affiche de l'édition 2017 de Cartoon Movie, qui se tient à Bordeaux

L'affiche de l'édition 2017 de Cartoon Movie, qui se tient à Bordeaux — Cartoon Movie

Les professionnels bordelais du film d’animation se frottent les mains. Quelque 800 participants venus de 40 pays se retrouveront à « Cartoon Movie » du 8 au 10 mars, au palais des congrès. Bordeaux a en effet chipé l’événement à Lyon, qui organisait depuis sept ans ce rendez-vous européen des professionnels de l’animation et de l’image numérique.

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Derrière ce joli coup se trouve notamment Aymeric Castaing, président de la société de production I can Fly à Bègles. Cet Arcachonnais d’origine a passé 15 ans à Paris. Il est revenu sur Bordeaux en 2011, pour monter sa boîte mais aussi avec l’envie de « structurer la filière dans la région. » Et c’est lui qui a insisté pour que le « Cartoon Movie » se déplace à Bordeaux. « Avec un tel événement, la filière régionale devient désormais visible à l’échelle internationale » assure-t-il.

« Un coup de projecteur formidable pour la Nouvelle-Aquitaine »

« Cela va être un coup de projecteur formidable pour la Nouvelle-Aquitaine, confirme Thibaut Ruby, de l’entreprise bordelaise Schmuby Productions. « Cartoon Movie » arrive en plus au moment de la fusion de l’Aquitaine avec Poitou-Charentes, qui est la région de l’animation en France, en dehors de l’Ile-de-France. »

De quoi faire de Bordeaux la future capitale du film d’animation en province ? Peut-être pas encore, car la plus grande concentration de studios de production se situe à Angoulême. « Il y a Valence et Annecy aussi, souligne Thibaut Ruby. Mais Bordeaux est bien positionnée, le secteur est dynamique, et profite du regard bienveillant des professionnels parisiens, qui aiment venir travailler ici. Par ailleurs, nous nous appuyons sur un tissu de gens très compétents localement, issus du monde du jeu vidéo, et d’écoles sur place qui forment d’excellents techniciens. »

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Un long-métrage d’animation pour adultes

Schmuby productions présentera à « Cartoon Movie » l’un de ses projets en cours, Unicorn Wars. « Réalisé par Alberto Vasquez, il s’agit d’un long-métrage d’animation pour adultes, ce qui n’est pas très courant. » L’histoire d’oursons et de licornes en guerre depuis des temps immémoriaux. « On détourne les icônes de l’enfance, c’est très subversif, et le film abordera des thèmes comme le pouvoir, la religion, l’ignorance… »

Le film d'animation Unicorn Wars
Le film d'animation Unicorn Wars - Unicorn Wars © Uniko / Abano / Autour de Minuit / Schmuby

Sur ce projet, Schmuby est en co-production avec Autour de Minuit, Uniko (Bilbao), et Abano (La Corogne). « Etant donné que nous sommes sur un marché de niche avec ce film, nous allons essayer de maîtriser un budget autour des trois millions d’euros » précise Thibaut Ruby.

Des budgets de films entre 5 et 7 millions d’euros

La moyenne pour un film d’animation se situe d’ordinaire entre cinq et sept millions. « Et cela peut grimper jusqu’à une dizaine de millions d’euros. » Cette année, Schmuby Productions concourra pour le meilleur film d’animation aux Cesars, avec Peripheria, un film de David Coquard-Dassault.

Image du film d'animation Peripheria
Image du film d'animation Peripheria - Peripheria © Autour de Minuit / Schmuby

Autre maison bordelaise, Marmitafilms présentera à « Cartoon Movie » son projet A single mom in Korea de Jung Henin. « C’est la suite du travail de Jung Henin - lui-même enfant coréen adopté par une famille belge - sur la question de l’adoption en Corée, explique la directrice de Marmitafilms Martine Vidalenc. La mentalité sur les mères célibataires en Corée est très fermée, c’est pourquoi on y donne beaucoup d’enfants à adopter. »

« C’est le rendez-vous pour présenter des pitchs de films d’animation »

Ce long-métrage sera à la limite du documentaire et du film d’animation. Et ce n’est pas un hasard. « A l’origine nous étions uniquement dédiés au documentaire, peu à peu nous nous sommes tournés vers l’animation, qui est devenue un deuxième pôle à part entière. Nous sommes des artisans de la création, et nous aimons accompagner des projets qui font bouger les choses. » Marmitafilms présentera par exemple le 8 février un film sur l’arrivée des migrants en Italie.

A single mom in Korea en est à ce jour au stade de l’écriture. « Le présenter à "Cartoon Movie" peut faire accélérer les choses, assure Martine Vidalenc. On espère notamment voir quel plan de financement on peut mettre en œuvre sur ce projet. »

S’il y a bien un endroit où il faut le présenter, c’est donc celui-là. Car « c’est le rendez-vous pour présenter des pitchs de films d’animation, et pour faciliter l’accès à la production », confirme Aymeric Castaing.