Nouvelle-Aquitaine: Pour se rendre au travail, la voiture est toujours privilégiée, mais le vélo progresse à Bordeaux

MOBILITE Plus de 80 % des actifs de la région empruntent une voiture pour se rendre sur leur lieu de travail en région Nouvelle-Aquitaine. A Bordeaux, près de 12 % ont choisi le vélo...

Mickaël Bosredon

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Illustration voiture, stationnement

Illustration voiture, stationnement — M.Bosredon/20Minutes

L’Insee Nouvelle-Aquitaine a présenté ce mardi les résultats d’une étude sur les déplacements domicile-travail en Nouvelle-Aquitaine. Ils viennent compléter une étude déjà réalisée sur le sujet par l’A’Urba au niveau de la Gironde. Ce qu’il faut en retenir :

La voiture toujours privilégiée pour les déplacements dans la région. En 2015 en Nouvelle-Aquitaine, 2 % des actifs utilisent le vélo pour aller travailler, résultat identique à la moyenne nationale. Pris dans leur ensemble, les modes de transports doux (vélo, marche, trottinette, rollers…) sont moins utilisés dans la région que dans le reste de la province (respectivement 6,7 % et 8,1 %), notamment la marche. En revanche, l’usage de la voiture y est particulièrement privilégié (81,4 % des actifs de la région l’utilisent contre 77,9 % en France de province).

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Un résultat qui n’étonne guère Yves Albert, directeur de l’Automobile Club de Bordeaux : « Il y a 50 ans la voiture était un objet de plaisir, aujourd’hui c’est un objet de travail, malgré le procès qu’on lui fait ces derniers temps. Mais on ne peut pas d’un côté se plaindre du trop grand nombre de voitures, et de l’autre se réjouir des scores de ventes d’automobiles… »

Même au niveau de l’agglomération bordelaise, la voiture fait de la résistance. Selon une enquête réalisée en 2009 sur la Gironde et le territoire de l’agglomération bordelaise par l’agence d’urbanisme A’Urba, on s’aperçoit que la voiture reste très présente, même sur la métropole de Bordeaux, dans les déplacements domicile-travail : 68 % des habitants de l’agglomération l’utilisent, et 78 % des Girondins. Les transports en commun représentent 13 %, et le vélo 5 %. « Les automobilistes font des efforts dans les zones urbaines, commente Yves Albert, notamment en laissant leur voiture sur les parkings-relais pour éviter de s’engouffrer dans les centres-villes. »

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On voit par ailleurs « que la marche est moins fréquente pour les trajets domicile-travail que pour les autres types de déplacements [6 % contre 20 %], analyse Valerie Diaz, urbaniste spécialiste de la mobilité à l’A’Urba, tout simplement parce que ces déplacements sont plus longs que les autres types de trajets. »

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Bordeaux troisième grande ville où l'on pratique le plus le vélo. Parmi les villes françaises de 200.000 habitants ou plus, Bordeaux occupe en 2015 la troisième place pour la pratique quotidienne du vélo (derrière Strasbourg et Grenoble) avec 11,8 % des actifs concernés. C’est la seule ville de cette importance où les femmes utilisent le vélo plus souvent que les hommes (respectivement 12,6 % et 11,1 %).

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Dans une autre enquête de l’A’Urba réalisée sur les cyclistes dans la métropole bordelaise, l’agence notait que « c’est avec les conducteurs des voitures que les altercations peuvent être les plus violentes. Le sentiment des cyclistes est celui d’un manque de visibilité lorsqu’ils empruntent la voie principale réservée aux véhicules motorisés. » A l’inverse, Yves Albert souligne que « les cyclistes bordelais sont indisciplinés, malgré tous les efforts qui ont été faits en leur faveur notamment en matière de pistes cyclables. »