En Gironde, le prince Vincent est à la tête d'un royaume qui compte 43 citoyens

INSOLITE La principauté d'Hélianthis existe depuis 3 ans et participe au premier sommet des micronations francophones qui est organisé les 23 et 24 septembre à Aigues-Mortes dans le Gard...

Elsa Provenzano

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Le prince Vincent a 21 ans et suit des études de droit à Bordeaux.

Le prince Vincent a 21 ans et suit des études de droit à Bordeaux. — Principauté d'Hélianthis

Non, ce n’est pas une blague. La principauté d’Hélianthis a été créée il y a 3 ans par un groupe d’amis soucieux de promouvoir la gastronomie, l’architecture, le patrimoine et l’histoire du Blayais, situé dans le nord de la Gironde et dont ils sont originaires. Vincent, 21 ans et étudiant en master de droit international à Bordeaux, règne sur les 43 citoyens de cette principauté girondine. Il la représentera les 23 et 24 septembre à Aigues-Mortes dans le Gard, où se tient le premier sommet des micronations francophones.

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Pourquoi une micronation ?

Cette minuscule principauté n’a pas de revendication politique. Mais alors pourquoi une micronation et pas une association ? « Pour l’attrait du folklore et de l’originalité. Tout le monde peut se constituer en association alors que la micronation représente un attrait par sa particularité, elle ne s’inscrit dans aucune législation et peut avoir beaucoup plus d’objectifs », estime Vincent, prince d’Hélianthis.

Qui sont les 43 citoyens de la principauté ?

Certains vivent dans le Blayais mais d’autres résident aux Etats-Unis, en Argentine, en Angleterre. « Certains connaissent le Blayais mais d’autres pas et ils ont envie de découvrir notre démarche. Récemment nous avons un professeur d’héraldique qui nous a rejoints », raconte Vincent d’Hélianthis. Pour faire partie de la principauté il faut « partager ses valeurs » c’est-à-dire par exemple « le respect des droits de l’homme » mais être aussi « attiré par le régime monarchique »…

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Que font-ils ?

Pas d’adhésion annuelle pour les membres de cette communauté. « C’est la famille princière, donc moi, qui apporte les dons ainsi que les autres citoyens », précise Vincent. La principauté a par exemple récemment lancé un appel aux dons pour la préservation de la citadelle de Blaye et réfléchit à soutenir financièrement le festival international de musique classique de Blaye. Un groupe qui joue donc un rôle de mécénat au niveau local.

Pourquoi un sommet des micronations ?

« Cela va permettre de faire connaître en France quelque chose qui passe inaperçu, se réjouit le prince. Et une prochaine fois, pourquoi pas un sommet à Blaye ? » L’événement sera l’occasion de présenter « un panorama des micronations » qui existent, précise Jean-Pierre IV, le prince d’Aigues-Mortes qui accueille le sommet. Cette micronation rassemble 400 membres et a l’ambition de développer une citoyenneté alternative.

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Mais c’est sérieux tout ça ?

« Les fondations sont sérieuses mais la dynamisation se fait de façon humoristique, résume Vincent, prince d’Hélianthis. On ne se prend pas pour les rois du monde ! » Certaines micronations se prennent plus au sérieux que d’autres. Celle d’Aigues-Mortes, l’une des plus développées en France, joue clairement la carte de l’humour avec une princesse « fan de rosé » et des allusions à Groland. En Gironde, on compte une seconde micronation, la République anacratique du Padhrom, réputée pour sa grande collection de timbres micronationaux. Au total une dizaine de micronations francophones régnera le temps d’un week-end sur la ville fortifiée d’Aigues-Mortes.