Limoges: Le patient sourd opéré d'un œil par erreur sera indemnisé

SANTE Une grave erreur médicale avait été commise en 2011 par une équipe de médecins de la clinique de Limoges… 

M.N. avec AFP

— 

Illustration justice. Tribunal place d'Islande à Strasbourg. Le 29 01 07

Illustration justice. Tribunal place d'Islande à Strasbourg. Le 29 01 07 — G . VARELA / 20 MINUTES

Il est devenu aveugle parce qu’il était sourd. C’est en grossissant le trait le résumé de ce qui est arrivé à ce patient aujourd’hui âgé de 80 ans. Le tribunal de Limoges (Haute-Vienne) a condamné une clinique et des médecins à indemniser un octogénaire sourd qu’ils avaient opéré par erreur de l’œil, celui-ci ayant répondu à tort à l’appel d’un nom qui n’était pas le sien après avoir ôté ses appareils auditifs.

>> A lire aussi : Un octogénaire sourd opéré par erreur d'un œil demande une expertise judiciaire

Gaston se trouvait en 2011 à la clinique Chénieux de Limoges pour y subir une opération bénigne de la paupière. Il avait finalement été opéré d’une vitrectomie (ablation du corps vitré) de l’œil droit à la place d’un autre patient, sans que la chaîne de contrôle de son identité ne révèle la méprise.

Il souffre d’une cécité quasi totale

Gaston avait en effet été prié avant l’intervention d’enlever ses appareils auditifs et, en raison de sa surdité, avait répondu à tort à l’appel du nom de cet autre patient. L’erreur avait été constatée dès le lendemain par l’équipe médicale.

Mais l’octogénaire creusois, atteint par ailleurs de cataracte et de DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge), une maladie de la rétine, a constaté depuis 2014 une baisse brutale de ses capacités visuelles et souffre aujourd’hui d’une cécité quasi totale.

D’abord débouté par la CRCI

Estimant que cette déficience visuelle est liée à l’erreur opératoire dont il a été victime, Gaston s’était tourné vers la Commission régionale de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux (CRCI). Mais la Commission l’a débouté, jugeant que, même si la vitrectomie subie à tort a précipité l’évolution de sa cataracte, la perte de ses facultés visuelles est bel et bien la conséquence naturelle et inéluctable de la DMLA dont il souffre depuis 2007.

Gaston avait donc saisi la justice pour demander une contre-expertise. La chambre civile du tribunal de Limoges, qui a examiné l’affaire le 22 juin, a débouté Gaston, estimant cependant que son préjudice était réel. Dans un jugement en date du 15 juillet, elle condamne la clinique, ainsi que deux des trois médecins en cause, à verser chacun 1.500 euros au patient et à s’acquitter des frais de justice. Le troisième médecin avait déjà négocié une indemnisation de son propre chef avec Gaston.