Bordeaux: Environ 1,2 % du vignoble aux mains d'investisseurs Chinois

ECONOMIE Une nouvelle transaction vient d'avoir lieu dans le vignoble Bordelais, sur l'appellation Bordeaux Supérieur. Environ 135 propriétés du Bordelais appartiennent à des hommes d'affaires Chinois...

Elsa Provenzano

— 

Un groupe agroalimentaire chinois a fait l'acquisition de Chateau de Viaud, situe dans la prestigieuse appellation Lalande-de-Pomerol, en 2011.

Un groupe agroalimentaire chinois a fait l'acquisition de Chateau de Viaud, situe dans la prestigieuse appellation Lalande-de-Pomerol, en 2011. — VALINCO/SIPA

La société chinoise Daohe vient de racheter le domaine de Courteillac, qui fait partie de l’appellation Bordeaux Supérieur. Depuis 2011, les investisseurs Chinois sont nombreux à miser sur le vignoble Bordelais.

Il y aurait environ 135 propriétés viticoles achetées par des Chinois, avance Laurence Lemaire, qui publie depuis deux ans un ouvrage intitulé « le vin le rouge, la Chine », mis à jour régulièrement, ainsi que sa version numérique. Les actualisations apportent les dernières informations sur les investissements en cours dans les vignobles.

Il est difficile de connaître le nombre exact de domaines sous pavillon Chinois, car certains acquéreurs se montrent très discrets. Une chose est sûre, ces propriétés représentent 1,2 à 1,3 % du domaine viticole local car on recense plus de 7.400 propriétaires au total, sur le Bordelais.

« Il y a ceux qui connaissent le vin et ceux qui ne le connaissent pas »

Parmi les acquéreurs Chinois « il y a ceux qui connaissent le vin et ceux qui ne le connaissent pas », résume Laurence Lemaire. Les Hongkongais, plutôt amateurs, investissent dans les Fronsac, le Saint-Emilion et ciblent les crus bourgeois. Les moins connaisseurs optent plutôt pour du Bordeaux, du Bordeaux Supérieur ou de l’Entre-deux-mers.

>> A lire aussi : Bordeaux: Le milliardaire chinois Jack Ma s'offre un vignoble dans l'Entre-deux-Mers

La grande majorité garde le personnel qui travaille sur le domaine et passe très peu de temps dans le Bordelais, laissant le rôle d’intermédiaire à un homme de confiance, maîtrisant plusieurs langues, raconte Laurence Lemaire. Si, les premiers temps, il y a eu des « achats coups de cœur pour faire le show de retour en Chine, analyse-t-elle, les investisseurs réalisent à présent des achats plus intelligents ». Il y a eu quelques échecs parmi les premiers rachats mais parce que ces acquéreurs-là « n’avaient pas de filière de distribution en Chine », estime Laurence Lemaire.

Un « délit de sale gueule »

S’ils ont été plutôt mal accueillis au début, selon elle, victimes d’un « délit de sale gueule », la situation s’améliore. « Ils ne détériorent pas nos domaines. En France, on ne peut pas transformer un domaine viticole en Disneyland ! », s’agace-t-elle. Et il n’y a pas de raison que les rachats s’arrêtent, sachant que la transmission des domaines viticoles est compliquée et que peu d’acquéreurs français se positionnent.

>> A lire aussi : Vin: les acheteurs chinois en bordelais progressent, leurs difficultés apparaissent

Une maison de négoce appelée Cellar Privilege vient d’être créée par quatre milliardaires chinois, dont Jack Ma, le fondateur d’Alibaba. Ensemble, ils possèdent une dizaine de Châteaux situés dans des appellations variées (à Blaye, dans l’Entre-Deux-Mers, le Médoc etc.)

Le Chinois ne sont pas les seuls à s'intéresser aux vignobles Bordelais, les Belges en ont aussi racheté une cinquantaine. Et, les Anglais et les Américains possèdent également quelques propriétés. 

Mots-clés :