Lot-et-Garonne: Le projet de Center Parcs « avance bien »

ENVIRONNEMENT Center Parcs va implanter sur un site de 40.000 mètres carrés un nouveau centre de loisirs, au milieu d'une forêt de pins à 45 minutes d'Agen...

Mickaël Bosredon

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De gauche à droite: Raymond Girardi, président des Coteaux et Landes de Gascogne, Pierre Camani, président du conseil départemental du lot-et-Garonne et Jean-Michel Klot, DGA de Pierre et Vacances Développement

De gauche à droite: Raymond Girardi, président des Coteaux et Landes de Gascogne, Pierre Camani, président du conseil départemental du lot-et-Garonne et Jean-Michel Klot, DGA de Pierre et Vacances Développement — Mickaël Bosredon

Ils ont défriché le terrain de la contestation environnementale, assurent-ils. Pierre Camani, président du conseil départemental du Lot-et-Garonne, et Jean-Michel Klotz, Directeur général adjoint de Pierre et Vacances Développement (propriétaire de Center Parcs), ont présenté ce jeudi matin à Agen le projet de Center Parcs sur le site de Pindères et Beauziac, à 45 minutes d’Agen.

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Avec un mot d’ordre : con-cer-ta-tion. « Après le choix du site, nous avons mis en place des comités de concertation, dans lesquels toutes les associations environnementales du Lot-et-Garonne et la Dreal ont été associées, et aujourd’hui nous ouvrons une concertation publique, alors que rien ne nous y oblige » insiste Pierre Camani. Sept réunions publiques seront ainsi organisées en juin dans les communes alentour. Et le dossier de concertation est désormais disponible en ligne, sur www.concertation.centerparcs.pinderesbeauziac.fr

« Nous avons opté pour le site avec le moins d’impact environnemental »

Jean-Michel Klotz souligne pour sa part que ce projet sera plus respectueux de l’environnement que les autres existants déjà en France. « Nous avions le choix entre une dizaine de sites, et nous avons opté pour celui qui avait le moins d’impact environnemental, puisqu’il s’agit d’un massif d’exploitation forestière. Par ailleurs, c’est un projet plus petit que les autres Center Parcs : 400 bungalows, contre 800 pour nos autres parcs. Au niveau des constructions et de la gestion, nous chercherons à limiter au maximum nos émissions de CO2, en privilégiant le bois et le béton bas carbone, nous limiterons la consommation d’eau et d’énergie avec notamment une chaufferie au bois, nous préserverons le plus possible la faune et la flore, et ce sera le premier de notre site où on ne pourra pas du tout entrer en voiture, puisqu’elles devront rester à l’extérieur du parc. »

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Voilà pour l’aspect environnemental. Le groupe Pierre et Vacances et les collectivités ont aussi longtemps insisté sur les retombées économiques. « Le projet avance bien puisque le permis de construire doit être déposé en septembre 2016, pour un début des travaux fin 2017-début 2018, explique Jean-Michel Klotz. A partir de ce moment-là, de 250 à 300 personnes travailleront sur le chantier durant deux ans. » L’ouverture est programmée en juin 2020.

Retombées économiques

« Pendant la phase d’exploitation, nous emploierons 300 personnes, dont 60 % à temps plein, il n’y a donc pas que des saisonniers » insiste le responsable de Pierre et Vacances.

Les retombées économiques, ce sont aussi 1,3 million d’euros de taxe d’urbanisme, 200.000 euros de taxe foncière par an, 250.000 euros de taxe de séjour par an et une contribution économique territoriale chiffrée à 500.000 euros par an. Le tout pendant 20 ans, puisque c’est la durée d’engagement minimale de Pierre et Vacances.

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« L’investissement des collectivités sera remboursé dans 20 ans via les loyers payés par Pierre et Vacances, détaille Pierre Camani, et dans 20 ans nous serons propriétaires du site » mais Center Parcs devrait continuer de l’exploiter. « Les emplois créés ne sont donc pas des emplois subventionnés comme j’ai pu l’entendre » s’agace le président du conseil départemental.

Une estimation de 200.000 clients par an

Raymond Girardi, président de la communauté de communes des Coteaux et Landes de Gascogne, insiste pour sa part sur les « retombées économiques et touristiques pour le secteur. » La durée moyenne d’un séjour dans un Center Parcs est de quatre jours. « Et les vacanciers ont de plus en plus tendance à en profiter pour visiter la région » selon Jean-Michel Klotz. Ce site s’organisera autour d’une place centrale, avec des bungalows répartis autour.

L’investissement global pour ce projet est de 170 millions d’euros, et Pierre et Vacances table sur 200.000 clients par an. « Nous visons une zone d’attraction qui va de Toulouse à Bordeaux, toutes deux à moins de deux heures du site » anticipe Jean-Michel Klotz.

Bref, tout a été minutieusement préparé pour s’épargner une occupation du site par des militants qui pourraient s’opposer au projet, estiment les responsables. « Au niveau local, les associations y sont favorables. Après, on ne maîtrise pas la réaction de personnes de l’extérieur… » prévient tout de même Raymond Girardi.