Le conseil régional fait du fer sa priorité, et cette année, il le grave dans le marbre. En effet, durant l'été, Alain Rousset, le président de la région, a lancé un schéma régional des infrastructures, des transports et de l'intermodalité (Srit), qui sera élaboré grâce à des ateliers thématiques réunissant les acteurs locaux. Il s'agit de pouvoir se projeter de manière cohérente jusqu'en 2025 tout en anticipant le Grenelle de l'environnement. Dans ce schéma, la route n'aurait plus sa place. D'ailleurs pour appuyer cette annonce, Alain Rousset a exposé hier, l'avancée de divers dossiers comme la LGV Sud-Europe Atlantique Tours-Bordeaux, l'autoroute ferroviaire ou la LGV Bordeaux-Espagne.
Des annonces séduisantes, mais dont la CGT-Cheminot se méfie : « D'un côté, la région veut développer le rail, mais de l'autre, elle soutient la rocade à deux fois trois voies, l'A 65 et le grand contournement de Bordeaux », commente Eric Halgand, responsable régional de la CGT-Cheminot. « Il va bien falloir améliorer la circulation », a déclaré hier Alain Rousset au sujet du projet autoroutier qui pourrait d'ailleurs être devancé par un grand contournement ferroviaire (lire ci-dessous).
Par ailleurs, si l'autoroute ferroviaire est un projet séduisant, elle ne concernerait, selon la CGT, que le trafic de transit, soit 17% du trafic aquitain. « Cela ne fera pas baisser le trafic routier mais cela permet qu'il n'augmente pas », estime le conseil régional. Comme le rail est beaucoup moins intéressant que la route en terme de coût et de souplesse, le syndicat prône la mise en place de mesures réglementaires interdisant la présence des camions sur certaines portions d'autoroute ou à certains horaires. Une éco-taxe imposée aux transporteurs a simplement été évoquée hier par le président de région.