« La dangerosité n'est pas innée »

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Publié le 24 septembre 2007.

Gérald Brion

Gérald Brion

Vétérinaire dans la région bordelaise.

Une petite fille de 10 ans, agressée par des dogues allemands, est décédée

samedi dans l'Oise.

Une autre fillette de 4 ans

a été mordue au visage par

le rottweiler de ses parents,

la semaine dernière

à Moulis-en-Médoc. Que vous inspirent ces accidents ?

On ne laisse jamais un chien seul avec un enfant. Même un chien très gentil. Ces dernières années, c'est le labrador qui a totalisé le plus de morsures officiellement déclarées. La femme greffée du visage à Lyon, avait elle aussi été défigurée par son labrador...

La race n'influe pas

sur la dangerosité ?

Non, car cela voudrait dire qu'une race prédispose à un comportement. C'est extrêmement dangereux et scientifiquement faux, car on sait que la transmission du comportement est très faible. Ce qui motive la plupart des troubles du comportement chez les chiens, c'est l'éducation.

Les « chiens dangereux » font pourtant la Une des médias...

Chaque époque focalise sur des races. Il y a eu les beaucerons, les dobermans, les pittbulls... Or, il faudrait savoir comment ces chiens sont élevés. A Moulis, il s'agissait d'un rottweiler appartenant à un agent de sécurité et sans doute bien éduqué. Il suffit que l'enfant l'ait touché à un endroit qui lui faisait mal ou qu'il se soit fait surprendre.

Que penser, alors, des lois

qui interdisent certaines races ?

Les politiques réagissent par rapport à l'actualité, mais c'est inefficace. La loi de 1999, qui a défini les catégories de chiens, ne donne aucun résultat. Les pittbulls, classés en catégorie 1 avec obligation d'être stérilisés, étaient voués à disparaître. Or, on en voit toujours. D'autre part, fin août, le gouvernement a interdit le croisement boxer-labrador, qui peut vaguement ressembler au pittbull. Mais comment les policiers vont-ils faire pour reconnaître ces chiens ? C'est inapplicable !

Comment éviter

les accidents ?

Il faut établir des critères simples de classification, comme le gabarit. La force physique et la dangerosité potentielle d'un chien reposent avant tout sur son poids. Face à un chien de gros gabarit, les policiers pourraient imposer une visite vétérinaire afin de vérifier si l'animal est stable et si son maître s'en occupe bien. En cas de doute, le chien pourrait ensuite être adressé à un spécialiste du comportement et, s'il y a danger pour la société, être retiré à son maître. Si un voyou choisit un chien dans le but d'afficher sa virilité ou parce que c'est plus facile à avoir qu'une arme à feu, cet animal ne peut que développer une dangerosité. Or, aujourd'hui, on cherche d'abord à voir si les papiers du chien sont en règle, comme si cela pouvait changer son comportement !

Recueilli par Marion Guillot - ©2007 20 minutes
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