Lutter contre l'absentéisme et la stigmatisation. A l'école Labarde, à Bacalan, 45 élèves sur 170 sont issus de familles gitanes sédentarisées, autrefois réunies au sein du village andalou. « Notre but est qu'ils soient considérés comme des élèves normaux par les autres enfants et qu'ils viennent à l'école avec plaisir », précise la directrice, Anne-Laure Maubeuf.
Situé en zone d'éducation prioritaire, l'établissement compte 22 élèves par classe. Une moyenne confortable, mais indispensable au travail d'intégration mené par les équipes. Posté dès le matin à la grille d'entrée, un médiateur dénoue les petits conflits. « Je suis à l'écoute des familles et je motive les enfants pour qu'ils rentrent dans l'école », explique Othman, de l'association La régie de quartier. Employé par la mairie, il propose des activités parascolaires le mercredi, « un bon moyen de gagner leur confiance et leur respect ».
Ces petits plus facilitent l'insertion des enfants dans les classes. Ensuite, pour les aider à combler leurs lacunes, Hélène Dauquet, enseignante spécialisée, les prend par groupes restreints, deux heures par semaine. « Ce qui n'est pas suffisant », regrette-t-elle, la culture écrite restant difficile à transmettre. « Ils ont surtout une culture orale. Pour eux, souvent, la lecture sert à passer son permis de conduire. » Les enseignants s'efforcent ainsi de « mettre du sens dans les apprentissages ». Autre problématique : l'absentéisme, notamment en période de vendanges. « Mais petit à petit, les comportements changent », observe le représentant des parents d'élèves, Stéphane Augagneur.