Le département est un mauvais élève aux yeux du ministère. C'est la raison pour laquelle Francis Idrac, le préfet de Gironde - ainsi que dix-huit autres - a été convoqué la semaine dernière par Brice Hortefeux, le ministre de l'Intégration et de l'Identité nationale, peu satisfaits du nombre de reconduites à la frontière : 11 000 à la fin juillet alors que l'objectif fixé par Nicolas Sarkozy s'élève à 25 000 pour fin 2007. En effet, à ce jour, la Gironde n'a pas atteint son objectif fixé à 600 expulsions, comme l'an dernier. « Ce chiffre a été multiplié par deux en trois ans », a commenté le préfet, hier, à l'occasion de sa conférence de presse de rentrée.
L'entrée des Bulgares et des Roumains dans l'Europe qui, selon les associations, représentaient 30 % des sans-papiers, les libérations d'une vingtaine de clandestins cet été au centre de rétention administrative et le fait que certains consulats tardent à donner des laisser-passer expliqueraient ce « retard ». « Nous allons nous employer à revenir à un rythme conséquent », a déclaré le préfet, Francis Idrac. Si le syndicat de police Alliance affirme qu'aucune instruction particulière n'a été donnée, les associations ont observé un durcissement sur le terrain. « Depuis dix jours, il y a des femmes au centre de rétention administrative, des prostituées africaines surtout », indique le collectif d'associations RESF 33.
De son côté, l'association de soutien des travailleurs immigrés (Asti), située à Saint-Michel, constate une multiplication des contrôles d'identité dans le quartier. Outre une « volonté d'augmenter le nombre d'obligation de quitter le territoire français », RESF 33 constate qu'il est désormais plus difficile pour les étrangers malades d'obtenir une régularisation ».