Pierre Espanol, l'adjoint d'Ulrich Ramé aux Girondins, lors d'une séance d'entraînement au Haillan, le 18 mars 2016.  / AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT
Pierre Espanol, l'adjoint d'Ulrich Ramé aux Girondins, lors d'une séance d'entraînement au Haillan, le 18 mars 2016. / AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT - AFP

Promenez-vous au Haillan et évoquez le nom de Pierre Espanol, l’adjoint d’Ulrich Ramé, avec les entraîneurs des équipes de jeunes des Girondins. Un sourire envahit instantanément leur visage. « Mais comment on peut faire un article sur lui ? », chambre déjà gentiment Jean-Luc Dogon, le coach des U19.

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Le Toulousain, 53 ans fait partie des travailleurs de l’ombre. Arrivé en Gironde en 2006 pour bosser dans la cellule de recrutement puis avec les jeunes du centre de formation, il est, depuis une dizaine de jours, auprès de l’équipe professionnelle dans un rôle qu’il connaît bien puisqu’il a déjà été l’adjoint de Philippe Bergeroo au PSG et à Rennes et de Dominique Bijotat à Sochaux.

« Un entraîneur vraiment énorme »

« C’est un entraîneur de qualité qui a beaucoup d’expérience, rend hommage Patrick Battiston, le directeur du centre de formation. Il est capable d’avoir des exercices ludiques pour varier les entraînements et a un réseau intéressant qui peut lui permettre d’avoir des informations de qualité. »

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« C’est un entraîneur vraiment énorme, insiste Victor Fuchs, qui l’a eu comme entraîneur en CFA entre 2010 et 2012. Il a une relation vraiment proche avec les joueurs, il s’intéresse à tout le monde. Ses séances sont vachement animées. Il est extraverti, il fait vraiment l’unanimité. »

« Pas surpris que Ramé l’ait pris »

Alors qu’il a dû arrêter sa carrière pro à 27 ans en raison d’une blessure, Espanol s’est vite reconverti dans le coaching, notamment en s’occupant du centre de préformation de Castelmaurou, près de Toulouse. Alain Bénédet, l’ancien adjoint de Gillot qui l’a fréquenté là-bas, se souvient. « Il croque la vie. Il m’a formé pendant deux ou trois mois sur les jeunes avant que je le remplace. C’est quelqu’un d’adorable, un véritable meneur au niveau des séances d’entraînement. Ça ne me surprend pas que Ramé l’ait pris dans son staff. »

Un point sur lequel insiste Dogon. « Ulrich [Ramé] n’a pas d’expérience à ce poste-là, pas non plus dans l’animation des entraînements, Matthieu [Chalmé] est aussi en formation. Ils ont eu l’intelligence de mettre quelqu’un qui avait de l’expérience en tant qu’adjoint. Il a de l’humilité, il sait rester à sa place, ce qu’il a à faire. On sent vraiment que c’est maîtrisé, qu’il réagit très vite. Il est compétent et c’est très agréable de travailler avec lui. »

Les éducateurs restent de grands enfants

Tous ces compliments font un peu rougir l’intéressé. « J’ai reçu une bonne éducation de mes parents, justifie Espanol. J’aime les gens, je les respecte. Je suis conciliant, avec une bonne approche mais je me suis déjà fâché avec certains. Si tu tombes sur des abrutis… »

A Bordeaux, il garde le sourire. Il faut dire qu’avec Franck Chaumin, le responsable des gardiens de but de la CFA, les éducateurs restent de grands enfants. Si les secrets de vestiaire n’ont pas été tous dévoilés, on sait qu’ils n’hésitent pas à nouer ensemble les lacets des deux chaussures ou à conserver des photos compromettantes dans leur téléphone.

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Dogon confirme. « Moi ça va je ne suis pas dans leur vestiaire mais ceux qui y sont… Les pauvres, c’est assez animé ! » « Il y a des médisants, j’ai une tête d’innocent et d’une personne qui subit les méfaits de certains qui aiment jouer malgré leur âge avancé », répond malicieusement Espanol qui se plaît à retrouver les pros jusqu’à la fin de la saison.

« J’ai accepté ma mission, je suis un amoureux du terrain. Pour l’avenir, je ne me suis pas posé la question. Je pense qu’après cette pige de deux mois, je vais retourner à la formation. » Histoire de pouvoir recommencer à animer le vestiaire des éducateurs.

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