Illustration de courgettes.
Illustration de courgettes. - MYCHELE DANIAU / AFP

Cet été, les services de l’Etat ont découvert à Bordeaux des résidus de dieldrine et de chlordane sur des courgettes lors de contrôles d’exploitations maraichères locales. Ces deux insecticides autorisés dans les années 1950-1960 ont été interdits en agriculture en France en 1972, et dans les autres secteurs depuis 1992.

« Bio accumulation » dans les sols

Alerté par les consommateurs d’une AMAP il y a une semaine, Gérard Chausset, président du groupe Europe Ecologie les Verts (EELV) de Bordeaux Métropole, a écrit au préfet de la Gironde le 17 mars en lui demandant de lancer des études pour en savoir plus sur cette pollution. « Il s’agit de bio accumulation : les pesticides d’hier, on les retrouve aujourd’hui et les pesticides d’aujourd’hui, on les retrouvera demain », souligne-t-il.

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L’élu précise qu’à sa connaissance, « les taux détectés ne constituent pas de danger immédiat pour les consommateurs ». La préfecture aurait néanmoins donné des préconisations à certains producteurs dont les parcelles sont concernées.

« Il faut soutenir les maraîchers qui sont victimes dans cette affaire et développer un plan d’urgence pour le département dont la richesse repose sur son patrimoine naturel », estime l’élu EELV.

Changer de modèle agricole

Pour l'élu écolo, cette nouvelle découverte confirme les dangers des pesticides et doit inciter à une réflexion globale sur l’agriculture et pas seulement sur la viticulture dont on a beaucoup parlé dernièrement. « Il faut lancer une conversion de notre modèle agricole, aujourd’hui on connaît la permaculture, l’agrobiologie etc. Est-ce qu’on trouve normal de retrouver des pesticides presque 45 ans après dans les sols ? », lance-t-il.

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Avec derrière cette interrogation une aspiration des citoyens, « et pas seulement des bobos », à une nourriture saine et accessible à tous.

Pas de risques pour les consommateurs selon la Chambre d’agriculture

« Les 126 parcelles où sont cultivés des légumes dans Bordeaux Métropole ont toutes été analysées pour déterminer la présence ou non de ces molécules. Cela a permis la mise en place par les services de l’Etat, avec les producteurs, d’un plan de suivi et de contrôle des produits avant leur commercialisation pour garantir leur conformité. Les consommateurs peuvent donc se rassurer : aucun légume non conforme ne peut se retrouver sur les étals », rassure de son côté la Chambre d’agriculture de la Gironde, dans un communiqué.

La préfecture de la Gironde devrait quant à elle s'exprimer sur ce dossier dans la journée.

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