Des automobilistes circulent au ralenti sur la rocade de Bordeaux le 1er août 2009.
Des automobilistes circulent au ralenti sur la rocade de Bordeaux le 1er août 2009. - AFP PHOTO / PIERRE ANDRIEU

L’association Airaq (organisme de surveillance de la qualité de l’air en Aquitaine) vient de publier une cartographie de la pollution de l’air sur l’agglomération bordelaise en 2015. Celle-ci met en avant l’évolution de deux polluants urbains concernés par la réglementation européenne : le dioxyde d’azote et le benzène, en comparant les niveaux relevés en 2005 et 2010.

Le dioxyde d’azote est un polluant majeur, produit par les moteurs à combustion et les centrales thermiques. Il se transforme dans l’atmosphère en acide nitrique, qui retombe au sol et sur la végétation. Le benzène est utilisé comme solvant dans l’industrie chimique, comme additif dans l’essence. Il est classé par le Circ (Centre international de recherche sur le cancer) comme cancérogène avéré pour l’homme.

Une baisse à tous les niveaux par rapport à 2005

L’information principale est que les concentrations de ces polluants ont diminué entre 2005 et 2015. Le dioxyde d’azote affiche une baisse de 11 % à proximité du trafic, de 26 % en situation de fond (situées dans des quartiers densément peuplés et à distance de sources de pollution directes) et de 14 % près des zones industrielles. Pour le benzène, on constate une diminution de l’ordre de 29 % sur les sites de fond, de 36 % à proximité du trafic (grâce à l’évolution technologique des moteurs) et une stabilité près des sites industriels.

Cette baisse significative ne doit cependant pas masquer des situations disparates, parmi lesquelles subsistent encore des progrès à réaliser. Ainsi, l’impact du trafic automobile sur les concentrations en dioxyde d’azote est très net. En Aquitaine, quelque 67 % des émissions d’oxydes d’azote sont dues au trafic routier. Ce qui donne une moyenne sur les sites de proximité automobile plus de deux fois supérieure à celle constatée sur les sites de fond.

Des zones problématiques près des axes routiers

Treize points de mesure présentent des niveaux élevés, dépassant la valeur limite fixée à 40 µg/m3 (de 41,2 µg/m3 à 54,7 µg/m3), comme la rocade, les autoroutes la reliant, les boulevards, les quais de la Garonne rive gauche et les axes principaux intra-rocade.

Les concentrations relevées sur les sites de proximité industrielle sont semblables aux concentrations relevées sur les sites de fond, indiquant que l’activité industrielle a peu d’influence sur les teneurs en dioxyde d’azote au niveau de la zone d’étude.

Pour le benzène, on constate également des mesures plus élevées sur les sites de proximité automobile, de l’ordre de 30 %. A noter que cinq des 26 sites de proximité automobile et un site de fond dépassent l’objectif de qualité fixé à 2 µg/m3 en moyenne annuelle.

Pour mener cette étude, Airaq a mis en place deux campagnes de mesures, l’une en période estivale, l’autre en période hivernale. Ces mesures ont porté sur 74 sites.

 

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