Alain Rousset et Ségolène Royal
Alain Rousset et Ségolène Royal - TRAVERS ERIC/SIPA

En mettant au jour une « dérive financière » au sein de l'ancienne région Poitou-Charentes, Alain Rousset (PS), nouveau président de la grande région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, n'a pas pointé du doigt n'importe quelle région. Poitou-Charentes est en effet l'ancienne région de l'actuelle ministre de l'Ecologie Ségolène Royal (PS), qui l'a présidée de 2004 à 2012 avant d'entrer au gouvernement. Et ses relations avec Alain Rousset sont loin d'être au beau fixe depuis plusieurs années.

« Cela n'a rien à voir, s'indigne-t-on dans l'entourage d'Alain Rousset. Pour le moment, les dérapages financiers constatés portent sur l'année 2015, donc sous la présidence de Jean-François Macaire qui a succédé à Ségolène Royal. Seul un audit nous dira s'ils ont commencé avant, mais pour l'instant ce n'est pas le cas. La réaction d'Alain Rousset aurait été la même s'il s'était agi de l'ancienne région Limousin. »

« Il n'y a chez moi aucune arrière-pensée politique » assure Rousset

Dans son interview à Sud Ouest et à La Nouvelle République du Centre-Ouest, dans laquelle Alain Rousset dit avoir découvert des impayés de 132 millions d'euros au sein de l'ancienne région Poitou-Charentes, le président de la grande région disculpe totalement Ségolène Royal : « Ségolène Royal a cédé la présidence de la Région depuis un bon bout de temps et il n'y a chez moi aucune arrière-pensée politique. Je réagis là uniquement en gestionnaire de l'argent public » dit-il.

Cela va mieux en le disant. Car les antécédents entre les deux personnages sont nombreux et durent depuis un bon moment. « Ils n'ont pas la même façon de faire de la politique », sourit un proche de Rousset.

Absente de la campagne d'Alain Rousset lors des régionales

Au moment du débat sur la fusion des régions, en 2014, Ségolène Royal avait ainsi soutenu un rapprochement de sa région avec Pays-de-la-Loire plutôt qu'avec l'Aquitaine. « Elle redoute le leadership d'Alain Rousset », estimait alors Dominique Bussereau, président du conseil départemental de Charente-Maritime. Résultat: elle n'a pas obtenu gain de cause, mais a brillé par son absence durant la campagne d'Alain Rousset...

En 2012, Alain Rousset avait mis son homologue de Poitou-Charentes en colère, en invitant au congrès de l'association des régions de France (ARF), qu'il présidait alors, Jean-Pierre Raffarin (UMP), ennemi politique de Ségolène Royal. « Tant qu'il y est, pourquoi n'invite-t-il pas Alain Juppé ? » aurait-elle fulminé en privé. A ce moment, les relations entre Alain Rousset et Ségolène Royal étaient au plus bas.

Quelques mois auparavant, Ségolène Royal était pressentie pour remplacer Alain Rousset à la tête de l'ARF. Ce qui aurait été à l'époque un lot de consolation après sa défaite aux législatives face à Olivier Falorni en juin 2012.

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