Grues de chantier au quartier des Bassins à Flot à Bordeaux, en octobre 2015
Grues de chantier au quartier des Bassins à Flot à Bordeaux, en octobre 2015 - M.Bosredon/20Minutes

Une utopie ? Comment faire sortir des programmes immobiliers à 2.500 euros le mètre carré sur le territoire de la Métropole, quand le prix moyen des constructions est aujourd'hui de l'ordre de 3.750 euros ? Et dépasse même allègrement les 4.000 euros pour certains projets dans Bordeaux intra-muros. Ainsi, l'opération Carré Cheverus en plein coeur de ville a commercialisé un deux pièces de 54 mètres carrés à 328.000 euros (plus de 6.000 euros du mètre carré.)

C'est en tout cas l'objectif d'une charte signée entre la Métropole, la Caisse d'Epargne Aquitaine-Poitou-Charentes et les promoteurs immobiliers. « Le constat est partagé d'une déconnexion des prix de vente des logements avec les capacités financières des ménages, explique la Métropole. Ainsi, entre un revenu médian qui tourne autour de 2.250 euros par mois, et un prix moyen de 3.750 euros le mètre carré, 85 % des ménages se trouve dans l'incapacité d'acquérir un logement neuf de 70 mètres carrés minimum. »

L'opération porte sur un tiers des constructions de l'opération « 50.000 logements »

La charte signée entre tous les partenaires vise un objectif de vente d'un tiers du programme « 50.000 logements » à moins de 2.500 euros le mètre carré. Cette opération est portée par la Métropole pour construire 50.000 logements sur une quinzaine de sites, essentiellement le long des axes de transport, et ainsi faire face à la progression importante de la population sur la Métropole.

Les bailleurs sociaux et promoteurs immobiliers signataires de cette charte « s'engagent sur un objectif de production d'un tiers de logements locatifs sociaux, un tiers de logements en accession à 2.500 euros le mètre carré parking compris, et un tiers de logements privés [donc aux tarifs libres]. »

Maîtriser le coût du foncier

Pour y parvenir la Métropole espère acquérir du foncier à prix maîtrisé, la Caisse d'Epargne lui mobilisant une ligne de crédit de 15 millions d'euros sur trois ans. Le prix du foncier sera effectivement le curseur qui permettra de réaliser ou pas ce projet. Il est possible aussi de jouer sur le stationnement, en ne proposant qu'une place de parking pour un logement au lieu de deux.

Mais pour le moment, les promoteurs, même s'ils ont signé, s'accordent à dire que l'objectif sera très difficile à atteindre.

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