Stephan Delaux
Président de l'office de tourisme de Bordeaux et ajoint au maire en charge du Tourisme et des Animations de la ville.
L'effet du classement
au patrimoine mondial
de l'Unesco est-il
perceptible dans le bilan touristique 2007 ?
Il y a une dynamique touristique forte et positive sur Bordeaux, que l'on a déjà perçue depuis 2002, grâce notamment à la métamorphose et à l'embellissement de la ville. Le classement au patrimoine mondial de l'Unesco est la consécration de tous ces efforts et la reconnaissance légitime de ce qu'est Bordeaux sur le plan historique et patrimonial et de ce qui a été fait pour mettre en valeur ce patrimoine. Grâce à l'Unesco, l'attrait de Bordeaux est accentué.
Comment cela
s'est-il traduit ?
Fin juillet, nous avons enregistré une forte progression de la fréquentation touristique, entre 17 % et 20 % de plus que l'an passé. Sur les sept premiers mois de l'année, l'augmentation s'élevait à 10 %. A l'office, les visites aux monuments ont connu une hausse de 38 %, contre 14 % pour les vignobles.
Savez-vous s'il y avait
une part importante
de touristes venus spécialement pour Bordeaux et pas uniquement
des vacanciers du Bassin déçus par le mauvais temps ?
On n'a pas fait d'enquête, mais la clientèle internationale n'était pas là par
hasard, elle a fait le choix
de venir à Bordeaux. Cependant, il est vrai que la météo pluvieuse a dû inciter un certain nombre de touristes du littoral à venir voir Bordeaux.
Et les touristes de proximité ?
C'est une donnée permanente et constante, mais le phénomène Unesco a certainement donné le goût
à des Bordelais ou à des gens proches de Bordeaux d'en savoir plus sur le patrimoine.
Quels sites ont été particulièrement visités
cette année ?
La dimension patrimoniale a été recherchée : la tour Pey-Berland, le palais Gallien, la tour Saint-Michel, la porte Cailhau, le Grand Théâtre... Les monuments ont eu plus de succès que le vignoble. D'ailleurs, on a dû doubler les visites nocturnes de Bordeaux.
A votre avis, l'effet Unesco
va-t-il prendre de l'ampleur ou se tarir ?
Le tourisme est un secteur économique. Nous avons un bon potentiel, mais c'est à nous de le gérer. Il faut offrir aux touristes des produits de visite bien ciblés et avoir une exigence de qualité pour répondre à leurs demandes. Il ne faut pas s'installer dans une économie de cueillette.
Les touristes étaient-ils encore nombreux à Bordeaux la semaine dernière ?
Oui, la saison n'est pas finie. D'ailleurs la période des vacances s'est très largement allongée et toute une partie de l'activité touristique se fait au printemps et une autre après l'été.