Jean-Pierre Farandou, président de Keolis
Jean-Pierre Farandou, président de Keolis - S.ORTOLA/20MINUTES

Jean-Pierre Farandou est le P.D.G de l’entreprise Keolis (détenue à 70 % par la SNCF), qui exploite la plupart des réseaux de transport en commun dans les grandes agglomérations françaises. Keolis vient de lancer un nouvel observatoire pour intégrer des applications innovantes au service des utilisateurs.

Vous venez de créer l’observatoire Keolis-Netexplo, qui porte sur les enjeux de la mobilité à l’ère digitale. De quoi s’agit-il ?

Netexplo est une association qui fédère des universitaires et des chercheurs dans le monde entier pour surveiller toutes les nouvelles applications qui sont créées, et analyser leurs fonctionnalités. Nous avons tenu à nous associer à eux pour comprendre l’usage du digital et quelles solutions il pouvait apporter dans le secteur de la mobilité.

Quelles sont vos premières conclusions ?

Le digital peut en effet être un outil très puissant et très utile. Un panel de salariés de Keolis a testé plusieurs applications pendant des mois, et nous en avons retenu 167 qui nous paraissent intéressantes. Maintenant, nous réfléchissons à en adapter certaines à des typologies de voyageurs. Cela passera par une grande enquête auprès de 3.000 utilisateurs de nos réseaux, notamment à Bordeaux, qui durera trois mois. Nous retiendrons cinq applications que nous produirons en interne, ou que nous déléguerons à des start up.

Quel type d’application pourrait vous servir ?

Par exemple, nous avons tous une application planning sur nos smartphones, et une application de calcul d’itinéraires. Nous pourrions fusionner les deux en une seule qui donnerait le meilleur itinéraire pour vous rendre à vos rendez-vous. Elle serait de plus paramétrable selon que vous souhaitez marcher ou pas. Deuxième exemple, une assistance aux personnes non voyantes. Une application qui s’appelle « Be my eyes » permet à un non voyant de se faire aider dans son quotidien par un voyant qui, via cette plateforme, peut lui lire les informations dont il a besoin. Voilà un service qui pourrait parfaitement s’adapter au monde de la mobilité urbaine.

Quand est-ce que vous lancerez vos applications ?

Pas avant la fin de l’année 2016. Elles seront téléchargeables, et nous les ajouterons aux assistants de mobilité et d’achat à distance que nous sommes en train de mettre en place sur nos réseaux. Nous sommes quasiment prêts à déployer la fonction d’achat à distance depuis son mobile. Il y aura aussi une fonction validation, mais là ce sera un peu plus long à mettre en place.

Keolis va t-il conquérir de nouveaux réseaux en France en 2016 ?

Non, nous sommes plutôt en position de défendre les réseaux que nous exploitons déjà. En revanche nous allons nous lancer à la conquête de marchés au Moyen-Orient : Qatar, Arabie Saoudite et Emirats Arabes Unis. Plusieurs appels d’offres seront lancés en 2016, et nous connaîtrons les résultats en 2017. Il s’agit essentiellement de création de réseaux de métro et de tramway, ou de reprise des réseaux de bus qui vont être privatisés.

Ces villes sont-elles intéressées par des tramways sans caténaire, comme à Bordeaux ?

Complètement, cela va devenir la norme, en tout cas dans le cœur des agglomérations. Bordeaux a été le premier réseau au monde à se doter d’un fonctionnement sans caténaire, et c’est aujourd’hui un réseau qui est très visité et qui est devenu une référence. Je rappelle que, une fois la ligne D achevée, il deviendra le réseau de tramway le plus important de France.

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