Application de pesticides dans des vignes bordelaises
Application de pesticides dans des vignes bordelaises - S.ORTOLA/20MINUTES

Y'a-t-il un lien entre les malaises constatés chez des enfants d'une école primaire, et l'épandage de fongicides sur les vignes jouxtant l'établissement ? Depuis plus d'un an, cette affaire fait grand bruit. Et elle vient de connaître un nouveau rebondissement. Une information judiciaire contre X a été ouverte fin décembre à Libourne, vient-on d'apprendre.

Le 5 mai 2014, 23 élèves d'une école primaire de Villeneuve-de-Blaye, près de Libourne, avaient été victimes d'irritations oculaires, de maux de gorge, de céphalées, et une enseignante avait du être hospitalisée pour de violents maux de tête.

Un classement sans suite du Parquet contesté par la Sepanso

Un lien avait été établi avec des épandages de fongicide effectués quelques heures plus tôt sur des vignes près de l'école. Une enquête administrative avait établi que l'utilisation du fongicide, autorisé, s'était faite dans des «conditions inappropriées et sans qu'aient été prises toutes les précautions pour le voisinage.» La direction de la Draaf (Direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt) avait cependant estimé qu'il n'était «pas possible d'attester formellement de la matérialité de l'infraction.»

En juin 2014, la préfecture de la Gironde avait émis un arrêté encadrant davantage l'épandage de ces produits, notamment près des écoles. Mais le parquet de Libourne avait classé l'affaire sans suite en avril dernier, une décision contestée auprès du procureur général de la Cour d'appel de Bordeaux par la Sepanso, une fédération aquitaine d'associations de protections de la nature, qui avait porté plainte contre X après les faits initiaux.

«Utilisation inappropriée de produits phytopharmaceutiques»

Fin décembre, le parquet de Libourne a finalement ouvert une information judiciaire contre X pour «utilisation inappropriée de produits phytopharmaceutiques», a indiqué le Parquet de Libourne, et la Sepanso s'est constituée partie civile.

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La Sepanso, au travers de son avocat Me François Ruffié, a salué jeudi cette décision et expliqué ne viser, à travers sa constitution de partie civile, rien d'autre qu'«une application du Code rural, de la législation, qui est très bien faite» en matière d'utilisation de produits phytosanitaires.

«Une minorité de viticulteurs qui ne fait pas correctement son boulot»

«Ce n'est pas un problème de phytosanitaires en général, du bio, ou de la viticulture. C'est un problème d'application de la loi» visant «une minorité de viticulteurs qui ne font pas correctement leur boulot», a-t-il précisé.

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La clef du dossier porte notamment sur les vents, qui au jour de l'épandage, étaient d'une intensité supérieure à 3 Beaufort (12 à 19 km/h), seuil maximal prévu par la loi, pour autoriser pulvérisation ou poudrage de produits phytosanitaires, selon une source proche de l'enquête.

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