Bordeaux: La voie de l'oenotourisme s'ouvre en grand

ECONOMIE Le vignoble bordelais se consacre de plus en plus à des activités annexes pour fidéliser le touriste sur son territoire...

Mickaël Bosredon

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Le château d'Agassac, à Ludon-Médoc

Le château d'Agassac, à Ludon-Médoc — M.Bosredon/20Minutes

L’oenotourisme dans le Bordelais ne date pas d’hier. Mais il monte en puissance depuis quelques années. Et il va encore franchir un palier supplémentaire en 2016 avec l’ouverture de la Cité du Vin à Bordeaux, qui ambitionne de devenir le point de départ pour la visite des vignobles bordelais.

Lundi, Gironde Tourisme a officiellement lancé ses six routes du vin, les routes du vin de Bordeaux en Médoc, les routes des vins de Bordeaux en Entre-deux-Mers, les routes du vin de Bordeaux, Bordeaux portes du vignoble ; les routes du vin de Bordeaux, Saint-Émilion, Pomerol et Fronsac en Libournais et les routes du vin de Bordeaux en Blaye et Bourg. Toutes ont reçu un label du secrétariat d’Etat au Tourisme. L’objectif est de faire travailler ensemble les acteurs du tourisme et de la viticulture.

Des restaurants dans les châteaux

Parallèlement, les châteaux ouvrent de plus en plus leurs portes aux particuliers, pour des visites des vignobles, des chais, des dégustations. Et se mettent à développer une offre de restauration sur place. La Dominique (Saint-Emilion) a ainsi ouvert il y a un an La Terrasse Rouge, établissement concédé au restaurateur Nicolas Lascombes, et le château d’Agassac a ouvert en juin son restaurant, La Table d’Agassac, confiée à Giovanni Curcio.

 

Le restaurant La Terrasse rouge, au château La Dominique (Saint-Emilion) - M.Bosredon/20Minutes

 

« Nous avons voulu faire un restaurant autour du vin, qui reste le point central de notre activité, explique le régisseur du château Jean-Luc Zell. C’est pourquoi nous avons recruté un sommelier pour le diriger. Nos deux chefs sont Italiens et sont passés, entre autres, par Ducasse et l’Atelier de Robuchon. Nous ne proposons que du frais, et du vin au verre en accord avec les plats, pour une expérience de dégustation à l’aveugle. »

 

Giovanni Curcio, directeur du restaurant La Table d’Agassac, à Ludon-Médoc - M.Bosredon/20Minutes

« Best of wine tourism »

Le château d’Agassac s’était déjà tourné vers l’oenotourisme depuis plusieurs années, et a déjà reçu plusieurs « Best of Wine tourism », récompenses décernées chaque année par les villes membres du Réseau des Capitales de Grands Vignobles.

« Le château était ruines en 1997 lorsqu’il a été repris par Groupama. Il a fallu reconstituer un vignoble et reconstruire les bâtiments, et on a terminé les travaux par le château en 2002 » raconte Jean-Luc Zell. « Alors nous avons commencé à développer une activité de séminaires, de mariages, et d’oenotourisme en expliquant aux gens notre métier. Nous avons avancé pas à pas, et nous nous sommes entourés de spécialistes, et de gens qui avaient des idées pour ne pas proposer la même offre que partout ailleurs. Ici, nous avons notamment mis l’accent sur le tourisme familial, avec beaucoup d’activités ludiques pour les enfants, comme un jeu de piste sur iPad. Mais nous estimions que le lieu ne vivait pas encore assez, et surtout qu’il manquait d’une offre de restauration sur place. »

« L’oenotourisme n’est qu’une pierre du tourisme »

Le régisseur estime qu’il faut prendre exemple sur le vignoble des Graves, et sur ce qui a été mis en place par Jean-Michel Cazes dans le Médoc (Cordeillan-Bages.) « Ce sont les précurseurs. Mais dans le sud-Médoc, alors que nous avons Bordeaux à proximité, il n’y avait rien. Je pense qu’il faut mettre en place des synergies par territoires, travailler avec des partenaires locaux. L’oenotourisme n’est qu’une pierre du tourisme en général, l’objectif c’est de maintenir les visiteurs sur le territoire. Et le Médoc a beaucoup d’atouts : la vigne, les châteaux, l’océan, Bordeaux. Pour cela il faut des infrastructures, pour l’hébergement, le transport… La mairie de Ludon-Médoc a mis en place cette année avec la SNCF une offre TER pour visiter les vignobles d’Agassac et de Paloumeys, voilà le genre d’initiative qui va dans la bonne direction. »

Tous les acteurs attendent désormais l’ouverture de la Cité du Vin, le 2 juin 2016 à Bordeaux. Des visites des vignobles, via la Garonne, y seront proposées.