Bordeaux: Une étude sur la pollution de l'air par les paquebots à quai est lancée

ENVIRONNEMENT Une alimentation électrique ou par le gaz naturel est envisagée par la municipalité...

Elsa Provenzano

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A Bordeaux le 29 septembre 2015, visite d'un paquebot en escale dans le port de la lune. Lancer le diaporama

A Bordeaux le 29 septembre 2015, visite d'un paquebot en escale dans le port de la lune. — E.Provenzano / 20 Minutes

Sollicitée par les élus écologistes de Bordeaux cet été, la mairie va lancer prochainement une étude portant sur les solutions pour permettre aux paquebots de croisière de couper leurs moteurs à quai, dans le Port de la lune.

La municipalité compte voir ce qui se fait ailleurs et comparer les coûts. A ce stade, elle envisage soit d’installer des alimentations électriques sur les quais, soit de prévoir une alimentation en gaz naturel via des barges. On devrait connaître les résultats de cette étude dans les prochains mois.

Le carburant, du fioul lourd, épinglé par les associations

Tout est parti des mesures réalisées par l’ONG France environnement dans le port de Marseille et rendues publiques fin juillet. Elles ont révélé que ces immeubles flottants dont les moteurs restent allumés tout le temps de l’escale peuvent se montrer très polluants.

« Le fioul lourd qui alimente ces navires a une teneur en souffre 3.500 fois plus élevée que le diesel qui alimente nos voitures et on sait que le soufre a un impact majeur sur la santé », souligne Pierre Hurmic, conseiller municipal Europe Ecologie Les Verts. Les écologistes souhaitent que l’installation électrique destinée à ces navires soit alimentée par des énergies renouvelables.

Le port met en avant que la plupart des navires qui transitent par Bordeaux sont équipés de « pots catalytiques » qui permettent de filtrer les émissions. « Ils ne permettent pas du tout de limiter les microparticules », répond Pierre Hurmic.

Pas de commune mesure avec le trafic de Marseille

La mairie souligne la différence d’échelle entre le port de Marseille qui accueille plus de 500 paquebots par an, dont certains de très grandes dimensions, tandis que celui de Bordeaux en accueille 35 en 2015 et 38 en 2016 (et 48 sur l’estuaire).

« Pour l’instant il n’y a pas d’élément notable. On en saura plus à la fin de l’année lorsque l’Airaq présentera sa cartographie de la qualité de l’air », estime Stéphan Delaux, adjoint au maire en charge du tourisme qui suit ce dossier.

Les coûts étudiés

La Métropole et le Port seront des partenaires de cette étude qui doit notamment évaluer les coûts. « On sait qu’à Marseille, l’installation doit coûter entre 4 et 5 millions d’euros. Il faut voir si l’investissement est judicieux par rapport au nombre de paquebots en escale sur le port de la lune », précise Stéphan Delaux, ajoutant qu’avec cet équipement il faudrait prévoir des transformateurs sur les quais.

« Il n’y aurait pas d’augmentation de charges pour la mairie puisque l’électricité serait payée par les armateurs des bateaux en escale », assure de son côté le conseiller écologiste.

Cette année entre 26.000 et 28.000 croisiéristes auront été accueillis à Bordeaux. En 2014, les retombées économiques liées à leurs séjours sont évaluées à 3,6 millions d’euros.