Le prototype de minibus sans chauffeur Citymobil 2 à La Rochelle
Le prototype de minibus sans chauffeur Citymobil 2 à La Rochelle - Communuaté d'agglomération de La Rochelle

La société Robosoft développe au Pays basque les engins automatisés et autonomes du futur. La grande vedette du moment est « Citymobil 2 », une navette électrique de 5m de long et 1,5m de large capable d'embarquer huit personnes à une vitesse de 15 à 20 km/h. Le tout sans pédale, ni volant et sans chauffeur, grâce à ses logiciels permettant d'éviter les collisions, qui ont brillamment passé leur examen en début d'année, en transportant pas moins de 20.000 passagers à La Rochelle.

Un faisceau laser pour repérer les obstacles

« Le prototype est opérationnel », assure le père de Citymobil, Vincent Dupourqué, PDG de la société implantée à Bidart (Pyrénées-Atlantiques). « L'expérimentation a dépassé nos ambitions. A La Rochelle, où la navette a circulé gratuitement entre l'Université et l'Ancien Port sur une portion de 1,5 km avec cinq arrêts, dès que nous ouvrions un tronçon, ça se bousculait au portillon », assure Vincent Dupourqué, 58 ans.

« Pour détecter les obstacles, la navette balaie un faisceau laser sur 30 mètres devant elle, pour repérer tout problème et adapter sa vitesse jusqu'à l'arrêt. Potentiellement, elle peut suivre, sans le percuter, un piéton qui marche sur la ligne peinte au sol pour signaler son circuit. Sur les côtés, des ultrasons jouent le même rôle », explique-t-il.

Un marché potentiel énorme

Après La Rochelle, Citymobil 2 poursuit sa route à Trikala (Grèce), Sofia (Bulgarie) et Saint-Sébastien (Espagne). Dernier obstacle pour commercialiser cette navette autonome, dont le prix à l'achat varie entre 150.000 à 200.000 euros selon les options, la promulgation très attendue d'une directive européenne autorisant l'exploitation de véhicules sans chauffeur. « Elle devrait entrer en vigueur en 2016 », estime Vincent Dupourqué.

Centre-villes piétons, sites accueillant du public comme les hôpitaux... le marché potentiel est énorme mais « la concurrence est rude, qu'elle vienne de Chine, des Pays-Bas ou des Etats-Unis. Nous nous sommes alliés dans une joint-venture avec le constructeur français de voiturettes Ligier pour y faire face », souligne le PDG.

Chiffre d'affaires de cinq millions d'euros

Société généraliste, Robosoft fabrique des robots « à la demande », pour des usages et secteurs très diversifiés. Son produit-phare est le fameux Robuglass qui nettoie automatiquement la Pyramide du Louvre à Paris.

Mais la société mise beaucoup sur la recherche dans la robotique de santé et planche sur un prototype de robot « nounou », baptisé Kompaï, dont le but est de permettre le maintien à domicile des personnes dépendantes.

Avec un chiffre d'affaires en expansion à cinq millions d'euros en 2015, Robosoft emploie une quarantaine de personnes entre Bidart et Toulouse et prévoit d'en recruter une vingtaine d'autres d'ici à la fin de l'année.

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