Aquitaine: «Les nouvelles commandes de Rafale vont générer de l’embauche, c’est certain»

ECONOMIE Le contrat de 36 avions de combat avec l’Inde va permettre à Dassault d’ouvrir une deuxième chaîne de production sur son site de Mérignac…

Mickaël Bosredon

— 

Illustration: un avion Rafale.

Illustration: un avion Rafale. — Bob Edme/AP/SIPA

Un contrat de 24 avions de chasse avec l’Egypte en début d’année, suivi d’un deuxième de 36 le 10 avril avec l’Inde. Dassault a enfin réussi à exporter son Rafale. Et ce n'est peut-être pas encore terminé.

Assemblé sur le site Dassault de Mérignac, le Rafale est construit à 50% en Aquitaine, via Thalès et de nombreux sous-traitants. Sur les 7.000 emplois qu’il génère en France, environ 3.500 se trouvent dans la région. Et on parle désormais de plusieurs centaines d’embauches grâce à ces nouvelles commandes.

«Il n’y a pas que l’assemblage de l’avion, il y a aussi les sous-traitants, la formation des pilotes…»

Marie Récalde, députée de la Gironde et membre de la commission de la Défense nationale et des forces armées, est plus prudente. «Le premier contrat signé avec l’Egypte a permis de stabiliser la chaîne Rafale, qui menaçait de s’arrêter en 2016, étant donné que la charge de travail n’était plus suffisante pour la maintenir. Avec cette nouvelle commande de 36 avions de la part de l’Inde, non seulement la chaîne est stabilisée, mais elle va se développer, puisque Dassault envisage désormais l’ouverture d’une deuxième chaîne de production.»

Les 24 Rafale commandés par l’Egypte seront prélevés sur le stock qui était destiné à l’Armée française, mais les 36 commandés par l’Inde seront fabriqués en France, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian l’a assuré. «Il n’y a pas que l’assemblage qui va générer de l’emploi, il y a aussi tous les sous-traitants, et la formation des pilotes, qui se fera soit à Cazaux soit à Mont-de-Marsan» rappelle Marie Récalde.

«Le contrat Egyptien a été le déclic»

Conclusion? «On ne peut pas encore avancer de chiffres concernant les créations d’emploi, puisqu’il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte que nous ne connaissons pas encore, mais il y aura des embauches c’est certain. Dassault a une capacité à monter très vite en cadence, et Thalès est prêt aussi. Tout le monde était dans les starting-blocks ces derniers mois.»

L’élue assure que «cette commande de 36 avions de l’Inde n’annule pas pour autant le contrat initial de 126 avions avec ce pays». Le méga-contrat avec l’Inde semble cependant battre de l’aile, puisque New Delhi a annoncé, lundi 13 avril, que l’appel d’offres portant sur ce fameux contrat initial de 126 avions de combat était enterré. Marie Récalde avance par ailleurs qu'il y a «des ouvertures avec d’autres pays, comme le Qatar».

Pour la députée, «le contrat égyptien a été le déclic, car il fallait ce premier contrat à l’export. Cet avion est le meilleur au monde, les pilotes qui l’ont pratiqué le disent. Mais dans le domaine de l’armement, les négociations sont toujours très longues, et la concurrence, en particulier celle des Américains, féroce.»

Mots-clés :