Bassin d'Arcachon : Le parc naturel marin devient réalité

ENVIRONNEMENT François Deluga, maire socialiste du Teich, qui a été élu à la tête du conseil de gestion du parc, explique ses missions...

Elsa Provenzano

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Vue du Bassin d'Arcachon.

Vue du Bassin d'Arcachon. — Pierre Andrieu AFP

Près de 420 km2 d'espace marin et 127 kilomètres de linéaires côtiers, ce sont les frontières du parc marin, crée en juin et installé ce lundi 23 février. L'objectif de cette structure financée par l'Etat est de protéger cet espace naturel riche et unique, tout en pérennisant les activités économiques (ostréiculture, pêche) et touristiques (le site accueille 40 000 visiteurs chaque année).

Un horizon à quinze ans

Depuis cette semaine, le projet prend corps puisque le conseil de gestion, dans lequel associations de défense de l'environnement, pêcheurs, ostréiculteurs, plaisanciers etc. sont représentés, et son président ont été désignés. «Notre plan de gestion sera élaboré pendant deux ans et demi,  et devra fixer les priorités sur le quinze ans qui viennent, explique François Deluga, maire socialiste du Teich et président du conseil de gestion. Pendant ce temps, le conseil de gestion ne restera pas sans rien faire. Il donnera son avis, par exemple sur des opérations de dragages, de nettoyages ou sur le développement d'une activité. Le parc peut proposer des changements de réglementation».

Dans deux ans et demi lorsque le plan de gestion sera abouti le parc disposera de 20 à 25 salariés et de 2 millions d'euros de budget annuel.

«La qualité de l'eau, priorité des priorités»

«Il y a toute une série d'études éclatées et il faudra les rassembler pour obtenir une vision globale de la qualité de l'eau. Et on pourra aussi en lancer de nouvelles si on manque de données. La qualité de l'eau, c'est la priorité des priorités», explique François Deluga. Parmi les sujets traités par le conseil celle de la possible réintroduction d'espèces de poissons ou encore l'amélioration du nettoyage des parcs à huîtres. A titre d'exemple, sur le  golfe du Lion, il a été possible de réglementer la pêche aux oursins, grâce à l'installation du parc marin.

La lutte contre les mouillages sauvages

«Il y a par exemple la possibilité de proposer une réglementation pour une zone de mouillage organisée et éviter ainsi les mouillages dans les herbiers», explique Pierre Leca directeur adjoint de l’Agence des aires marines protégées et directeur de l’ensemble des parcs naturels marins. «Il y a beaucoup de discussions de comptoirs et on manque de vision objective pour le moment.Le but c'est de mettre en place une plaisance durable», commente pour sa part le président du conseil de gestion.

Le rôle du parc marin c'est aussi de sensibiliser le public. «Il nous faut expliquer aux gens qu'on ne fait pas un parc pour les embêter mais parce que, ce qu'ils ont à côté est exceptionnel», relève Pierre Leca.

Pour lui, le vrai défi de ce parc, c'est sa situation géographique inédite. «c'est l'inverse d'une île, c'est un morceau d'eau cerné de terre. Le monde maritime est encerclé», explique-t-il.

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