Bordeaux: La ville veut entrer dans le périmètre de sécurité de la centrale du Blayais

NUCLEAIRE Le conseil municipal a voté en faveur de l'extension à 80 kilomètres du périmètre de sécurité autour de la centrale du Blayais...

Basile Morthymen

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La centrale nucléaire du Blayais, à Braud-Saint-Louis (archives).

La centrale nucléaire du Blayais, à Braud-Saint-Louis (archives). — s.ortola/20minutes

Le conseil municipal de Bordeaux a adopté ce lundi à l'unanimité (moins les voix des deux élus Front national, qui avaient quitté la salle) un vœu demandant l'extension à 80 kilomètres du périmètre de sécurité autour du centre nucléaire de production d'électricité nucléaire (CNPE) à Braud-et-Saint-Louis (Gironde).

Les habitants des zones autour des centrales françaises, pour l'instant limitée à 10 kilomètres, bénéficient de mesures préventives en cas d'accident (distribution de pastilles d'iodes, préparations à l'évacuation...). Présenté par les élus écologistes au conseil municipal, ce vœu a donc été accepté par le maire, Alain Juppé, et voté par majorité et opposition.

Bordeaux à 45 km à vol d'oiseau de la centrale

Après l'affaire des survols de centrales par des drones, ce texte souligne que, «située à 45 kilomètres de la centrale nucléaire du Blayais, notre agglomération est particulièrement concernée par ce risque nucléaire. (...) Un élargissement du périmètre du Plan particulier d’intervention du Blayais s’avère dès lors indispensable. Il est en effet de notre responsabilité d’élus d’anticiper et de prendre toutes les mesures pour garantir la sécurité des populations que nous représentons.»

Une mesure post-Fukushima

Certains pays, comme la Suisse, ont décidé d'étendre leurs périmètres de sécurité après l'accident nucléaire au Japon, en 2011. En France, l'Etat devrait trancher cette question l'année prochaine, à l'issue d'une consultation du public.

«A la lumière de la catastrophe de Fukushima qui a révélé des traces de contamination dans un rayon de 50 km autour de la centrale, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et l’Association nationale des comités et commissions locales d’information (ANCCLI) s’accordent à penser qu’il faudrait, en France, relever le périmètre des PPI à 80 km. C’est la raison pour laquelle le 7 novembre dernier, l’ANCCLI a demandé officiellement une extension des zones concernées par les plans de secours à un périmètre d’un rayon de 80 kilomètres autour de chaque centrale nucléaire.»

Ce souhait était partagé par les associations écologistes comme Greenpeace, qui manifestait récemment à Bordeaux en ce sens. Il fait désormais consensus dans la classe politique locale.