Bordeaux: Le potentiel vertigineux de Smartcave, l'appli d'aide à la dégustation de vin

INNOVATION Audrey Gribelin lance ce jeudi une version professionnelle, s’appuyant sur la gigantesque base de données qu’elle s’est constituée…

Mickaël Bosredon

— 

Audrey Gribelin, créatrice de l'application Smartcave

Audrey Gribelin, créatrice de l'application Smartcave — M.BOSREDON/20MINUTES

Audrey Gribelin a de la suite dans les idées. Lorsqu’elle a lancé Smartcave en 2011, elle avait déjà conscience du potentiel qui se cachait derrière une telle application. «L’enjeu premier était d’abord de créer un outil d’aide à la dégustation du vin pour les consommateurs, insiste la jeune femme, mais je savais que j’allais ainsi disposer d’une précieuse base de données qui pouvait intéresser la filière professionnelle.» Voilà comment est né SmartcavePro, qui sera lancé ce jeudi.

La base de données de Smartcave, c’est 17.000 particuliers qui ont créé un compte, et plus de 35.000 vins à travers le monde notés par ces abonnés. Audrey Gribelin va donc maintenant tenter de la vendre aux viticulteurs. «Les propriétaires n’ont que très peu de retour de leurs clients, assure cette ancienne du milieu du négoce. Smartcave a conservé toutes les traces laissées par les particuliers sur tel ou tel vin: à quel endroit ils l’ont acheté, à quel prix, à quel moment ils l’ont dégusté, ce qu’ils en ont pensé…  L’avis de Robert Parker, c’est bien, mais à l’arrivée c’est tout de même le consommateur… qui consomme. Je suis convaincue que c’est une mine pour les professionnels qui, grâce à ces données, pourront affiner leur prix de vente et avoir enfin un vrai retour de leurs clients.»

«Dans la Loire, les viticulteurs sont plus ouverts à l’innovation»

Au-delà de ses convictions, Audrey Gribelin a réalisé une étude de marché qui s’est révélée positive. «Même mon père, gérant du château Fieuzal (Pessac-Léognan), et qui n’entendait rien à mon projet au départ, me soutient à 100% maintenant» plaisante-t-elle.

Le site SmartcavePro sera payant pour les professionnels, à l’inverse de l’application Smartcave que les particuliers peuvent télécharger gratuitement. «Je propose une offre de lancement à 180 euros/an, et je vise une vingtaine d’abonnés par jour d’ici à la fin de l’année, et 5.000 abonnés à terme pour ainsi développer une vraie start-up.» Audrey Gribelin va cibler dans un premier temps les petits propriétaires, et pas forcément dans le Bordelais. «Les viticulteurs dans la Loire semblent notamment plus ouverts à ce type d’innovation. Mais le marché bordelais y viendra également, même les grands crus.»

Une version grand public qui s’améliore constamment

Les dérivés de l’application Smartcave ne s’arrêtent pas là. «J’envisage aussi d’en faire un outil marketing qui pourrait servir un négociant lorsqu’il veut communiquer sur un vin en particulier. Plutôt que de faire une campagne de mailing toujours hasardeuse, il pourra, via un abonnement professionnel d’une trentaine d’euros, utiliser la base de Smartcave pour cibler précisément les particuliers d’une zone géographique qui ont déjà consommé ce vin ou d’autres de la même famille.»

Audrey Gribelin ne délaisse pas pour autant la version grand public de son application. «Je l’améliore constamment. En ce moment, je cherche par exemple à rendre plus facile d’utilisation l’outil qui sert à enregistrer l’entrée et la sortie de cave du vin.» Pas question de lasser les particuliers qui utilisent Smartcave. Car au final, ce sont bien eux qui permettront à la version professionnelle de se bonifier.