L'attaquant des Girondins Diego Rolan lors du match entre Nice et Bordeaux le 23 août 2014.
L'attaquant des Girondins Diego Rolan lors du match entre Nice et Bordeaux le 23 août 2014. - AFP PHOTO / JEAN CHRISTOPHE MAGNENET

Diego Rolan, c’est le tube de ce début de saison à Bordeaux. Auteur de quatre buts lors des huit premiers matchs, le jeune attaquant uruguayen en a enfin terminé avec sa période d’adaptation. Devenu incontournable aux Girondins et appelé pour la deuxième fois avec sa sélection, Rolan raconte le long chemin qu’il a parcouru pour enfin s’imposer dans le onze type de Bordeaux.

Vous rêviez d’un tel début de saison à titre personnel?

Oui, j’avais bien travaillé en fin de saison dernière et pour bien commencer, j’ai fait ce qu’il fallait. Je me suis bien préparé avec l’équipe et je me sens bien. Je crois que je suis à mon vrai niveau. Ca se passe bien, c’est une très bonne période, pour l’équipe et pour moi. Il y a des joueurs qui sont arrivés et qui ont fait du bien. Le coach aussi est arrivé et a expliqué ce qu’il voulait et ce qu’il ne voulait pas. Ca change et ça se voit sur le terrain.

Vous vous souvenez du moment où vous avez enfin franchi un cap?

Après la dernière blessure [en fin de saison dernière], j’ai eu peur. Quand j’ai retrouvé le terrain, j’avais fait un bon match et j’ai commencé à m’améliorer, et à la fin de la saison dernière, c’était mieux et j’ai bien commencé cette année. Je pense que j’ai terminé mon adaptation.

Vous vous souvenez du match contre Lyon (0-4, le 17 février 2012, il se blesse au bout de trente minutes)?

Oui, je m’en souviens bien… c’était ma première titularisation, je me blesse après trente minutes. Je me sentais un peu perdu sur le terrain, parce que les défenseurs, ici, sont plus costauds que moi car le football français est plus physique.

A ce moment-là, vous vous êtes dit que ça allait être vraiment trop dur en France?

Ha oui! Je me suis dit, «Putain, c’est quoi ça?» [sourires] En Uruguay, c’est tellement différent. Ici, il y a beaucoup de joueurs plus costauds et c’est très dur pour moi. Je me disais que je n’allais pas y arriver, que je ne voulais pas continuer, mais finalement, avec le travail, ça s’est amélioré.

Votre réussite actuelle est une revanche par rapport à ce qui s’est dit sur vous pendant dix-huit mois?

Non, c’est normal… Quand je suis arrivé, les gens espéraient quelque chose, et c’est autre chose qu’ils ont vu. Il y a eu les blessures, je n’étais pas à mon niveau et les gens voulaient voir un Diego Rolan performant alors que quand je suis arrivé à Bordeaux, ce n’est pas ce qu’ils ont vu.

Quel est le danger pour vous aujourd’hui?

Ce serait une blessure à tout moment. Si je me blessais aujourd’hui, ce serait très dur. Dans mon jeu, ce que les gens veulent voir c’est ma vitesse, apporter de la joie dans le jeu pour marquer des buts et aider l’équipe à avoir la possession du ballon. Je ne m’enflammerai pas à vouloir tout faire tout seul. Avant, je me sentais un peu perdu, j’avais besoin de savoir comment on joue au foot en France. En Uruguay, par exemple, quand je recevais le ballon, je pouvais partir seul. Là, je suis obligé de jouer différemment. Je me suis rendu compte de la différence et c’est normal que je m’adapte.

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