Thierry Martinet et Nathalie Talou Kolesnik, les deux conseillers numériques 3D de La Poste à Bordeaux-Mériadeck
Thierry Martinet et Nathalie Talou Kolesnik, les deux conseillers numériques 3D de La Poste à Bordeaux-Mériadeck - M.BOSREDON

C’est une petite révolution que vient de connaître La Poste de Mériadeck à Bordeaux. Ce bureau, le plus grand de Gironde avec une fréquentation de 900 clients par jour, propose depuis peu un service d’impression 3D à destination du grand public. L’imprimante 3D a été livrée, en toute discrétion, dans le courant du mois de juillet. «Au départ, nous avons uniquement visé notre clientèle professionnelle» explique Nathalie Talou Kolesnik, l’un des deux agents formés pour devenir «conseiller numérique 3D.» Il y a quelques jours, La Poste a décidé d’élargir ce nouveau service à tout un chacun.

La Poste de Mériadeck est la première de province à proposer un service d’impression 3D. Trois autres bureaux en Ile-de-France, à Paris et Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) en sont déjà équipés depuis novembre 2013.

Les architectes et les étudiants très intéressés

L’imprimante peut fabriquer tout type d’objet, d’une taille qui reste modeste, équivalente à un cube de 12 cm. Le matériau utilisé est l’ABS (acrylonitrile butadiène styrène), un polymère thermoplastique qui sert notamment à la fabrication des fameux Lego. La technique utilisée est celle d’impression par dépôt de fil fondu: l’impression démarre par la mise à température de la machine (autour de 200°C), nécessaire pour la fusion de la matière ; un fil de matière est alors extrudé sur une plateforme à travers une buse se déplaçant sur 3 axes et réalisant l’impression par de fines couches successives.

«L’impression 3D peut servir aux architectes, aux élèves ingénieurs, aux étudiants en design, qui viennent nous voir avec un fichier numérisé qui sera transformé en un objet en 3D, poursuit Nathalie Talou Kolesnik. Pour les architectes, c’est une vraie plus-value car ils peuvent ainsi visualiser leur travail, et certains de leurs clients, notamment les particuliers, sont ravis de voir leur projet de maison à petite échelle.»

A partir de 25€ pour une coque de téléphone portable personnalisée

La demande des particuliers porte davantage sur des pièces spécifiques qu’ils n’arrivent pas à retrouver dans le commerce, ou pour personnaliser des coques de téléphone portable ou des porte-cartes. «Cela dit, précise le conseiller numérique, nous ne pouvons pas tout réaliser sur place, et pour certaines demandes, comme des bijoux en argent, nous faisons appel à des prestataires extérieurs.» La Poste a notamment noué un partenariat avec Sculpteo, la société française spécialisée dans ce domaine.

Concernant les tarifs, «cela dépend de la complexité et de la taille de l’objet.» Pour fabriquer une coque de téléphone portable, il faut compter entre 25€ et 35€, le prix pour un bijou en argent démarre à 149€, et pour de petites reproductions de dessins d’architectes, ce sera en moyenne entre 60€ et 80€. «Mais chaque objet est unique, et les prix peuvent vite grimper en fonction de la quantité de matière utilisée.»

De 15 minutes à 8h pour la réalisation du projet

Pour les temps d’impression, «c’est très variable également.» Un objet simple et de petite taille peut être fabriqué en un quart d’heure, «mais pour une pièce plus complexe on peut aller jusqu’à 8h. Dans ce cas, nous programmons l’imprimante qui fera son travail la nuit.»

Nathalie Talou Kolesnik  et Thierry Martinet, l’autre conseiller numérique 3D, insistent sur «l’accompagnement du client.» «Nous mettons à disposition du public deux ordinateurs, et nous regardons ensemble sur écran le projet à réaliser, que nous peaufinons si nécessaire.»

Cette expérimentation est une première en France dans un réseau grand public. «Nous sommes dans la suite de ce qui a été lancé à Paris il y a neuf mois, savoure Nathalie Talou Kolesnik , et nous avons de la chance que Bordeaux ait été choisie pour expérimenter cette nouveauté en province.» A terme, La Poste vise une machine par région.

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