L'immeuble de bureaux rue Terres de Borde accueuillera notamment Pôle Emploi
L'immeuble de bureaux rue Terres de Borde accueuillera notamment Pôle Emploi

Mickaël Bosredon

Après le Prélude, un deuxième immeuble de bureaux est en cours de construction dans le futur quartier d’affaires Euratlantique, autour de la gare SNCF. Situé rue des Terres de Borde, au pied de la future extension de la gare SNCF, cet immeuble à l’architecture contemporaine (signé du cabinet bordelais Schurdi-Levraud-Poole) propose  4.500m2 de bureaux sur cinq étages, «et un magnifique toit-terrasse» souligne Jean-Christophe Parinaud, dirigeant du groupe financier du même nom, dont la filiale France Littoral Développement est spécialisée dans l’immobilier d’entreprises.

Les travaux de construction à peine commencés, Pôle Emploi a déjà réservé plus de 2.500m2, sur trois étages, au sein de cet immeuble. «C’est une très bonne chose de démarrer la construction d’un immeuble avec presque 55% de réservations» se réjouit Jean-Christophe Parinaud. D’autant que «nous avons par ailleurs sept autres locataires potentiels.»

Obsolescence des immeubles de bureaux existants

Mais cette bonne nouvelle pour le quartier, a rapidement été refroidie par la présentation du plan stratégique opérationnel de Bordeaux Euratlantique par Philippe Courtois, directeur de l’opération d’intérêt national Euratlantique.

«Les dernières projections en matière d'emploi ont particulièrement interpellé les élus, qui font état d'un ratio de 70% d'emplois endogènes et 30% d'emplois exogènes» indique la communauté urbaine de Bordeaux. Comprendre que 70% des emplois qui seront créés, existent déjà sur le périmètre de la CUB, et qu’ils seront simplement délocalisés sur Euratlantique. C’est le cas de Pôle Emploi qui a pour l’instant ses bureaux rive droite. Mais aussi de la Caisse d’Epargne, actuellement installée à Mériadeck et qui s’installera sur Euratlantique.

Le directeur de l’OIN Euratlantique a expliqué cette situation en raison de «l’obsolescence» des bureaux sur le périmètre de CUB. La construction d’immeubles neufs attirerait ainsi nombre de grands groupes. «On peut aussi penser que la crise économique est une autre raison, et que des groupes qui souhaitaient s’installer sur Bordeaux ont reporté leur décision» dit-on dans l’entourage du président de la CUB Vincent Feltesse (PS). Le projet Euratlantique devait, à la base, être composé de 50% d’emplois endogènes et autant exogènes.

Un effet TGV en 2017?

Pour Max Guichard, président du groupe communiste à la CUB, et Vincent Maurin, conseiller municipal PC de Bordeaux, c’est tout simplement du «siphonnage de l’emploi» qui risque de surcroît d’être doublé «d’un appel à l’économie d’échelle de la part des grands groupes.» Les deux élus demandent ainsi un «moratoire sur cette opération» et «plus de logements et de services publics» pour ce quartier.

Jean-Christophe Parinaud pense de son côté que l’on «ne peut pas juger du potentiel d’un quartier d’affaires après seulement deux immeubles. Surtout que l’on sait qu’il existe un vrai «phénomène TGV», donc que le rythme des commercialisations s’accélèrera après 2017… Ce quartier va fonctionner, j’en suis certain, mais il ne faut pas s’attendre à ce que les 100.000m2 de bureaux se vendent comme cela. Cela va prendre 20 ou 30 ans.»

Pour tenter de remédier à cette situation, une session de travail collective se tiendra ce vendredi dans les salons de l’aéroport Bordeaux Mérignac, avec des décideurs, dont le président de la SNCF Guillaume Pépy, et des élus. «Plusieurs chantiers restent à l'évidence à ouvrir pour améliorer l'attractivité nationale et internationale de la métropole bordelaise», dit-on à la CUB, qui souhaite notamment rendre plus attractif le territoire entre la gare SNCF, les universités et l’aéroport.

Relancer une liaison rapide avec l’aéroport

Le lien entre la gare SNCF et l’aéroport semble en effet un des noeuds principaux à dénouer pour faire évoluer la situation. «Une connexion plus rapide et plus directe à l’aéroport est fondamentale, clame Jean-Christophe Parinaud. Il faut mettre l’aéroport à 20minutes de la gare, ce serait l’idéal, car la plupart des grands centres d’affaires, français et européens, ne sont accessibles qu’en avion, pas en train, depuis Bordeaux. Il y a eu des errements sur cette question, mais les élus vont se ressaisir, c’est obligé!»

Interrogé sur ce sujet par 20Minutes, Alain Juppé estime que cette question est «une urgence.» Le maire de Bordeaux pense toutefois qu’il faut «en priorité relier l’aéroport au centre-ville.» «Il est indispensable de prolonger la ligne de tramway ou, si c’est trop coûteux, de faire une liaison rapide avec un système de VAL automatique.»

En ce qui concerne la liaison avec la gare, «là, il faut utiliser le chemin de fer de ceinture avec un transport en site propre» estime Alain Juppé. «Il faut faire ces deux liaisons, et c’est quelque chose qui peut se réaliser dans les 3-4 ans qui viennent» assure l’élu.