Un drone chasseur de frelon asiatique

ENVIRONNEMENT Dans les Landes, un drone a été mis au point pour chasser les nids de frelons asiatiques...

Mickaël Bosredon

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Le drone chasseur de nids de frelons asiatiques

Le drone chasseur de nids de frelons asiatiques — France Frelons

Ils l’ont appelé le Joker. «Parce que c’est l’arme ultime lorsqu’il n’y a pas d’autres solutions» explique Alexandre Cabrit, gérant de la société VisionScope, basée à Mont-de-Marsan. Avec Etienne Roumailhac, apiculteur et chasseur de frelons asiatiques basé à Toulouzette dans les Landes, ils ont mis au point un drone chasseur de frelons, opérationnel depuis le mois d’octobre.

«L’idée du drone m’est venue après avoir essayé différentes techniques pour éradiquer le frelon, comme la nacelle ou la perche télescopique. Cette dernière peut aller jusqu’à trente mètres de hauteur, et est un assez bon outil. Mais elle ne donne pas entière satisfaction, notamment sur le pin maritime où il n’y a pas assez de branches sur lesquelles s’appuyer» explique Etienne Roumailhac. «Comme dans les trois-quarts des cas, les nids de frelons sont suspendus, j’ai pensé au drone.»

Une association pour la partie scientifique

C’est là que la rencontre avec Alexandre Cabrit se fait. Son entreprise Vision Scope est spécialisée dans la commercialisation de caméras haute performance Elphel, et le gérant cherchait à en embarquer une sur un drone pour suivre le frelon, «et comprendre comment les abeilles organisent leur défense.»

Les deux hommes ne «trouvent rien de satisfaisant» sur le marché, et décident de fabriquer l’engin eux-mêmes. «Avec l’aide du conseil régional, du conseil général des Landes, nous avons alors commencé des premiers tests sur un drone équipé de caméra, puis un drone chasseur de frelons.»

Etienne Roumailhac possède désormais deux drones chasseurs, et l’association France Frelons, montée parallèlement pour la partie scientifique de l’aventure, un appareil, équipé de caméra. Les locaux de France Frelons ont été inauguré il y a quelques jours au sein de la nouvelle pépinière d'entreprises innovantes, Pulseo, à Dax.

Ils approchent mais n'attaquent pas le drone

«Les frelons sont intrigués par le drone, mais ne l’attaquent pas, explique Etienne Roumailhac. C’est une donnée essentielle, car dès que le frelon devient agressif, il est très difficile d’intervenir car il attaque tout ce qui bouge autour de lui.» La machine peut ainsi s’approcher jusqu’à un mètre du nid, ce qui permet d’y faire pénétrer une perche chargée d’un puissant insecticide pour traiter l’intérieur. «Le produit reste ainsi dans le nid, et ne se disperse pas à l’extérieur» insiste l’apiculteur. «On ne pourra pas l'utiliser dans tous les cas, mais il sera complémentaire de ce qui existe.»

L’intervention avec le drone sera facturée entre 130 et 150 euros. L’appareil sera également commercialisé à partir de 2014, au prix de 5.000€. «Il faut également prévoir deux ou trois jours de formation pour le piloter» explique Alexandre Cabrit.

L’association France Frelons complètera de son côté son dispositif de surveillance du frelon, par une application, Alerte Frelons. «Elle permettra de cartographier en temps réel la progression du frelon sur nos terres. Le muséum national d’histoire naturelle, et le CNRS, se sont montrés très intéressés par cet outil, complémentaire des observations qu’ils mènent de leur côté» indique Alexandre Cabrit.

Le frelon un peu moins présent cette année en Aquitaine

Le frelon asiatique, ou vespa velutina, ou frelon à pattes jaunes, a été repéré pour la première fois en France en 2004, dans le Lot-et-Garonne, où il a sans douté été introduit de manière accidentelle. Il n’a eu de cesse d’étendre son territoire, et est présent désormais dans les trois-quarts du pays, même à Paris. L’Inra (Institut national de la recherche agronomique) indiquait en septembre à 20Minutes qu’on l’avait «un peu moins vu cette année dans la région.» Ce que confirme Etienne Roumailhac. Il s’agit en réalité d’un passage classique pour toute espèce invasive, dont la population stagne après avoir proliféré, puis repart à la hausse. «On sait donc qu’il va revenir très fortement» assure Etienne Roumailhac.

Sa présence en Aquitaine reste de toute façon très marquée. «En 2012 j’ai détruit 400 nids, et quelque 1.500 ont été traités, rien que sur les Landes, indique Etienne Roumailhac. Et on estime qu’au moins 1.500 autres n’ont pu être approchés…»

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