Jean-Pierre Farandou, président de Keolis
Jean-Pierre Farandou, président de Keolis - S.ORTOLA/20MINUTES

La fraude sera la «thématique numéro un» du groupe Keolis en 2014. L’entreprise, filiale de la SNCF et qui exploite une grande partie des réseaux urbains en France, veut mettre en place un système dissuasif dès l’année prochaine, a annoncé son président Jean-Pierre Farandou, depuis les 24èmes rencontres nationales du transport public, qui se tiennent à Bordeaux jusqu’au 29 novembre.

«C’est un véritable sujet de fond pour nous, s’inquiète Jean-Pierre Farandou. Il est normal de demander aux usagers d’apporter leur écot au service proposé, surtout quand on sait qu’en France, les usagers payent entre 30 et 33% du coût réel du transport. S’acquitter du prix du transport, c’est un acte citoyen, et c’est un enjeu économique très fort pour les acteurs du transport » clame le dirigeant.

La SNCF a estimé à environ 400 millions d’euros par an le coût de la fraude sur son réseau, la RATP à 100 millions d’euros, «et nous estimons qu’elle coûte encore 100 millions d’euros sur le reste du réseau du transport urbain en France » révèle Jean-Pierre Farandou. «Nous arrivons donc à 600 millions d’euros par an! Nous n’avons pas l’ambition de pouvoir tout récupérer, mais au moins une grande partie.»

«C’est M. et Mme Tout le Monde qui fraude…»

Jean-Pierre Farandou explique que «du côté de Keolis nous avons essayé de comprendre d’où venait cette fraude. » «Nous avons un taux de fraude moyen de 10% sur l’ensemble de notre réseau. On pourrait donc croire qu’il y a 10% de fraudeurs. Et bien pas du tout. Nous avons identifié 60% de personnes qui ont fraudé au moins une fois sur notre réseau. Donc, c’est M. et Mme tout le monde qui fraude en réalité. Il faut donc que nous apportions des solutions pour les dissuader, qui vont de la tarification sociale à la tarification pour les trajets courts. Les applications smartphone pour payer son ticket à distance sont aussi une solution.»

«Tous les moyens seront bons pour combattre ce fléau, poursuit le président du groupe, et nous allons demander à nos personnels administratifs de venir prêter main forte, de manière ponctuelle, aux contrôleurs, dont la tâche est difficile.»

Cette directive sera appliquée sur l’ensemble du réseau de Keolis, «mais la ville de Lille sera notre priorité car, suite à la mise en place de la nouvelle billétique, nous avons constaté une forte augmentation de la fraude.»

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