Un site pollué aux PCB à Bordeaux-Lac. 
 
Un site pollué aux PCB à Bordeaux-Lac.   - J-P.Vincent / 20 Minutes

Elsa Provenzano

Le bassin Adour-Garonne n’est pas épargné par la pollution aux PCB, appelés aussi Pyralènes. Ces isolants électriques utilisés pendant 50 ans dans l’industrie, sont reconnus comme cancérigènes et perturbateurs endocriniens. Ils sont traqués depuis 25 ans par l’association Robin des Bois qui vient de publier son dernier atlas sur les PCB. « On pensait qu’il y avait relativement peu de sites pollués sur la Garonne et l’estuaire, par rapport à la Seine et au Rhône mais ce n’est pas le cas. Les PCB viennent en majorité des installations minières du Tarn et du Lot. Ils ont été transportés par les crues et les draguages », explique Jacky Bonnemains, porte-parole de Robin des Bois.

Des transformateurs pillés

Outre la pollution aquatique, neuf sites terrestres Girondins figurent dans l’atlas. Parmi eux, un bâtiment désaffecté à Bordeaux-Lac qui appartenait à une banque. En mars 2011, un transformateur électrique a été ouvert pour y récupérer le cuivre. Résultat : 765 kg de Pyralènes ont été déversés sur le sol. « Souvent les transformateurs ne sont pas retirés immédiatement, notamment pour faciliter la reprise du site », note le porte-parole qui déplore une lutte insuffisante de l’État contre ces pillages.

Aucun site retiré du répertoire depuis 2011

La direction régionale de l’environnement assure que « la dépollution du site de Bordeaux-Lac est terminée » mais l’association a tenu à le mentionner dans l’atlas car il figure toujours sur la base nationale de données des sites pollués. L’association attend des informations, par exemple sur la contamination du réseau pluvial, pour le sortir de sa liste. Aucun n’a été retiré depuis le dernier atlas, sorti en 2011.

Des pêches restreintes à cause des PCB

La grande alose et l’anguille font par exemple l’objet de restrictions. « Ce sont les pêcheurs amateurs qui font le plus de dégâts. Ils n’ont pas de permis et ils peuvent pêcher là où ils veulent. J’ai vu des aloses à la vente et je ne crois pas qu’il en existe en élevage », s’insurge Marc Honoré, président de la fédération de pêche de Gironde. L’association Robin des Bois s’inquiète, elle, des risques sanitaires encourus par ces pêcheurs amateurs.