La première Disco Soupe a été organisée à Bordeaux le 7 avril 2013
La première Disco Soupe a été organisée à Bordeaux le 7 avril 2013

Mickaël Bosredon

«Elle est bonne la soupe,  elle est bonne!» Grosse ambiance dimanche midi au marché des Capucins. Pour la première fois, une «Disco Soupe» était proposée aux riverains et clients du marché. Lancé à Paris, et désormais présent dans une vingtaine de villes en France, cet événement consiste à récupérer des fruits et légumes invendus, puis de mobiliser des bénévoles pour transformer les aliments en soupe, qui est ensuite distribuée gratuitement. Le tout dans une ambiance conviviale, et en musique.

Sarah du Vinage, étudiante de 23 ans à l’Ecole française des attachés de presse (Efap), surnommé « Miss Com’conbre » sur les stands, est une des étudiantes à l’orgine du mouvement à Bordeaux. Samedi, avec d’autres étudiants, elle a éclusé le marché des Capucins, et le Marché d’intérêt national (MIN) de Brienne, et ont récolté 350 kilos de fruits et légumes que les commerçants ne pouvaient pas vendre en raison de leur aspect. « Ces aliments, pourtant tout à fait comestibles, allaient être jetés » déplore la jeune femme.

«Trop de gaspillage en France»

Relayé sur les réseaux sociaux, le mouvement a attiré plusieurs dizaines de bénévoles dimanche pour la séance d’épluchage des légumes, et de transformation en soupe, encadrée par de jeunes chefs et de récents diplômés de l’Atelier nomade. Caroline Faure, une Bordelaise, a recruté une vingtaine de personnes à elle seule en relayant l’appel sur le site On Va Sortir (OVS). «Ce genre d’initiatives est complètement dans l’air du temps, c’est l’avenir, estime -telle. C’est dans l’esprit de ce qui se fait autour de la récupération des déchets, le covoiturage...» Mais la Bordelaise souhaite «aller plus loin, en sollicitant les grande surfaces, où il y a le plus de gaspillage.» Sur les stands du marché des Capucins, où l’on salue cette initiative, on partage cette analyse:  «Il y a relativement peu de gâchis chez nous, comparé à la grande distribution» assure ce maraîcher du Lot-et-Garonne.

Christine, qui a participé à la séance d’épluchage, assure pourtant «pouvoir facilement remplir un caddie avec les aliments non-vendus aux Capucins.» Cette Bordelaise assure «venir régulièrement à la fin du marché, récupérer des aliments gratuitement.» «Je n’en ai pas honte. J’ai de faibles revenus, une fille de six mois, et il y a trop de gaspillage en France.»