L'espace de coworking Le Node, à Bordeaux
L'espace de coworking Le Node, à Bordeaux

Mickaël Bosredon

Aucun chiffre officiel n’existe sur le nombre de « télétravailleurs » en Aquitaine. Mais le conseil régional estime à «500.000» le nombre d’actifs concernés par le travail à distance. Pour y voir plus clair, la région lance jusqu’en juin, une consultation sur la mobilité des Aquitains, auprès des actifs de la région.

«Pas pour les fainéants»

Le but est surtout « d’identifier la localisation d’espaces de travail partagés. » Contrairement à une idée reçue, le télétravail ne concerne pas que le travail à domicile. « Il faut faire tomber ce cliché, estime Marie-Laure Cuvelier, l’une des fondatrices de Tiers-Lieux, un consortium regroupant les quarante-cinq lieux de «co-working» en Aquitaine. Le télétravail, ce n’est pas quelque chose inventé pour les fainéants qui veulent rester chez eux. On peut très bien ne rien faire au bureau également… Mais il ne faut pas non plus le glorifier en se disant que l’on ne mettra plus les pieds au bureau. Nous défendons l’idée que le travail à distance ne doit se faire qu’un jour ou deux par semaine, pour ne pas se couper de la vie de bureau. » Un jour ou deux qui peuvent tout changer. Quelque 860 000 Aquitains font la navette chaque jour entre leur domicile et leur lieu de travail. « Parfois uniquement pour allumer un ordinateur » souligne-t-on à la région. L’institution voit donc dans le travail à distance la possibilité de réduire le nombre de déplacements, surtout vers les grandes agglomérations comme Bordeaux. Pour l’employeur, cela peut-être un moyen d’optimiser l’organisation de ses bureaux « Environ la moitié des emplois, surtout dans les administrations, sont télétravaillables », estime Tiers-Lieux.

Pour le salarié, l’avantage est « d’économiser des frais de déplacements, tout en maintenant une vie de bureau » analyse Marie-Laure Cuvelier. Ludovic Gillier, informaticien à Bordeaux, est employé d’une entreprise parisienne. « Je fréquente les espaces de travail partagés bordelais, comme Le Node ou Darwin, depuis deux ans, explique-t-il. J’ai d’abord travaillé seul chez moi, mais le manque de sociabilisation était un problème. Maintenant, j’échange avec des architectes, des journalistes, dans des domaines qui changent de mon activité. »

Étude en ligne jusqu’au 1er juin sur :
www.enquete-mobilite.aquitaine.fr