Alain Juppé au volant de l'Autolib de Bolloré, le 26 février 2013
Alain Juppé au volant de l'Autolib de Bolloré, le 26 février 2013 - S.ORTOLA/20MINUTES

Vincent Bolloré n’a pas fait le déplacement à Bordeaux pour rien. Venu mardi en fin de matinée à l’hôtel de ville présenter le système d’auto-partage qu’il développe en Ile-de-France depuis 2011, il a annoncé avec Alain Juppé, qu’il déploierait une offre similaire sur Bordeaux sans doute dès le mois de septembre 2013.

Quelque quatre-vingt-dix Blue car, des véhicules électriques, et quarante stations, seront déployés dans la ville dans un premier temps. A terme, Vincent Bolloré espère mettre à disposition des Bordelais cent-cinquante voitures réparties sur quatre-vingt stations. L’une d’entre elles devrait être équipée d’un panneau photovoltaïque avec une borne de stockage de l’électricité, pour permettre la recharge du véhicule la nuit. La recharge classique s’effectue, elle, au moyen d’une prise classique branchée sur du 220 volts (16 ampères) et dure environ huit heures.

Autonomie de 250 kilomètres

Les voitures utilisent des batteries au lithium, et ont une autonomie de 250 kilomètres. « L’autonomie, c’est la question qui revient le plus souvent chez les personnes qui souhaitent utiliser notre service» témoigne un « ambassadeur » Autolib. «Ils sont souvent surpris, et rassuré par cette autonomie. » L’autre inquiétude des utilisateurs, c’est la conduite. « Ce sont des voitures automatiques. Comme on a affaire à des personnes qui n’ont parfois pas conduit depuis longtemps, cela pose quelques petits soucis au début. Mais au bout de quelques tours c’est réglé, car les véhicules sont très simples à conduire » poursuit l’ambassadeur. Vincent Bolloré souligne d’ailleurs qu’il y a eu « quelques accidents avec des personnes maîtrisant mal l’automatique au début » mais « rien de grave, quelques pare-chocs enfoncés. » En revanche, il n’a pas eu à subir de dégradations de véhicules.

L’abonnement à ces véhicules qui seront répartis sur la voirie sera de 10 euros par mois. Auxquels il faut rajouter 5€ pour chaque demi-heure d’utilisation. «En moyenne, les Franciliens dépensent 97€ par mois pour l’utilisation d’Autolib», indique Vincent Bolloré. L’utilisateur bénéficie d’une carte à puce donnant l’accès au véhicule, et qui garde en mémoire les réglages personnels effectués lors de la première utilisation, pour l’autoradio par exemple.

Après Bordeaux, la communauté urbaine

Le groupe Bolloré investira dix millions d’euros à Bordeaux pour le déploiement de sa flotte de voitures. «Et cela ne coûtera pas un sou à la collectivité» a insisté Alain Juppé. Contrairement à ce qui s’est pratiqué en Ile-de-France, ce n’est en effet pas la collectivité qui finance les aménagements de voirie cette fois-ci.

Bolloré espère que son système à Bordeaux sera rentable au bout de « trois ou quatre ans ». Et il souhaite l’étendre à l’ensemble de la communauté urbaine dans un second temps. Pour cela, il a déjà prévu de rajouter dix millions d’euros d’investissements. Une autre société d'autopartage déjà présente à Bordeaux, Autocool, pourrait aussi être candidate à un déploiement de son offre sur l'ensemble de la CUB.

En Ile-de-France, où 1750 voitures sont proposées à la location à ce jour depuis la fin de l’année 2011, les 60.000 abonnés ont déjà parcouru « treize millions de kilomètres » assure Vincent Bolloré. Le système, censé être rentable en six ans, devrait l’être en trois ou quatre ans. Les utilisateurs l’empruntent « deux à trois fois par semaine, pour une moyenne de 12 kilomètres hebdomadaires ». Un tiers d’entre eux l’utilisent pour des trajets Paris-banlieue, d’une distance d’une cinquantaine de kilomètres.

Selon une étude interne, une Bluecar remplacerait « sept à huit véhicules » classiques sur la voirie, estime Vincent Bolloré.

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