«La croissance des vins de Bordeaux va se poursuivre en Chine»

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Publié le 4 novembre 2012.

INTERVIEW - Thomas Jullien est le représentant en Chine du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux...

La Chine est devenue cette année, pour la première fois, le premier marché à l’export des vins de Bordeaux. Mais paradoxalement, les ventes se sont ralenties par rapport aux années précédentes, comment expliquer cette situation?

Techniquement, il y a eu un ralentissement, mais nous avons tout de même enregistré une hausse des ventes de 50% en Chine par rapport à 2011. Je connais beaucoup de secteurs qui se satisferaient d’un tel ralentissement! Depuis six ans, nous connaissions des hausses de 100%, et même 120% pour les premiers grands crus, chaque année. C’était une période d’euphorie. Différents facteurs expliquent ce tassement en 2012, à commencer par la transition de pouvoir qui se prépare. Cela a ralenti les capacités du gouvernement à alimenter la croissance chinoise, même si celle-ci sera tout de même de 7,5% à la fin de l’année, et reste une référence mondiale. Et cela a limité l’organisation des banquets officiels, une tradition très forte en Chine où l’on s’offre des cadeaux très coûteux, notamment des vins de Bordeaux. Nous sommes également dans une transition économique, puisque le gouvernement veut passer d’une économie de production, à une économie de consommation. Mais cela ne peut pas se faire du jour au lendemain.

Les statistiques montrent que la consommation de vin est de l’ordre de 1L par an par habitant en Chine. Nous sommes tout de même très loin des standards de la France…

Oui mais en France la consommation se tasse, alors qu’elle augmente en Chine. Il faut se méfier de ces statistiques, car elles sont très générales, alors que nous estimons que notre potentiel de consommateurs est de l’ordre de 300 à 400 millions de personnes. Elles se situent essentiellement dans les grandes villes, Shanghai, Pékin, Canton et Shenzhen, où nous avons commencé depuis quelques années déjà à organiser des dégustations … L’habitude de consommation commence seulement à se développer, et il ne faut pas perdre de vue que pour l’instant, 85% du vin consommé est du vin chinois. Mais Bordeaux est leader dans les vins importés, et sa croissance est plus rapide que la croissance du marché lui-même.

Qui sont les consommateurs, et les consommateurs potentiels, de vins de Bordeaux?

Cela a commencé avec les entrepreneurs qui ont fait fortune, et qui sont devenus des collectionneurs. Maintenant, nous visons la classe d’urbains, salariés, dont le pouvoir d’achat a augmenté ces dernières années, et dont le salaire se situe aux alentours des 16.000 dollars US par an. Ce sont de bons vivants, qui veulent profiter de la vie, et qui voyagent beaucoup.

Pensez-vous que le vin, et particulièrement le vin de Bordeaux, va continuer de progresser longtemps sur le marché chinois?

J’en suis convaincu, tous les signes sont là. Une fois que le nouveau gouvernement sera en place il aura besoin de se reconstituer un réseau, et la tradition des banquets va repartir. Par ailleurs le vin est de plus en plus présent au quotidien, on le voit apparaître sur les cartes des restaurants, dans la grande distribution, dans la publicité, comme produit de raffinement et synonyme de valeurs. Le mouvement est enclenché.

Propos recueillis par Mickaël Bosredon
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