Immobilier: «Les promoteurs ne vendent plus rien depuis un an»

3 contributions
Publié le 26 septembre 2012.

LOGEMENT - Pascal Bertrand, président de la Fédération des promoteurs immobiliers d'Aquitaine et de Poitou-Charentes, organise du 28 au 30 septembre le premier salon du logement neuf à Bordeaux. Dans un contexte tendu pour les promoteurs...

Vous annonciez à la fin du premier trimestre une baisse des ventes des logements neufs dans Bordeaux de 60% par rapport à 2011. Quelle est la situation à ce jour?
Elle s’est empirée. Selon les derniers chiffres, la baisse des ventes au deuxième trimestre est de 73%. C’est vraiment alarmant. Le marché de l’investissement s’est complètement arrêté en raison de l’arrêt du dispositif Scellier, or il représentait 75% du marché. Nous attendons donc avec impatience la loi d’orientation pour 2013, qui doit nous être présentée vendredi ou samedi.

Quel nouveau dispositif attendez-vous?
La ministre du Logement Cécile Duflot a présenté un nouveau dispositif, de type Scellier, avec des avantages fiscaux pour l’investisseur de l’ordre de 17 à 20% du prix d’achat en réduction d’impôt, contre un loyer inférieur de 20% par rapport à la moyenne des loyers constatée in situ. Ce serait dramatique car cela obligerait le promoteur à baisser son prix de vente de 20%, or il n’a pas cette marge, qui n’est que de 7,5%.

Mais les loyers n’ont pas cessé d’augmenter ces dernières années. Vous pensez que l’investisseur ne pourrait réellement pas supporter une baisse de 20%?
Bordeaux est un des marchés locatifs les plus bas de France, grâce aux investisseurs qui ont permis de maintenir des prix raisonnables. Nous sommes actuellement aux alentours des 15€  le m2 pour un studio, 12,50€ pour les T2, 10,50€ pour les T3, et en dessous des 10€ pour les appartements plus grands. Cette nouvelle mesure abaisserait donc le prix d’un T3 à 8,50€, soit les prix pratiqués dans l’habitat social. L’investisseur « lambda » va sortir sa calculette, et constater que cela ne passe pas… Et si le promoteur ne peut pas baisser ses prix, et bien il construira de plus petites surfaces. D’un T2 de 45 m2, la moyenne actuellement, on passera à 36 m2. Ce serait dommageable.

Espérez-vous tout de même une reprise pour l’année prochaine?
Nous avons la chance d’être dans une communauté urbaine dynamique. Les promoteurs ne vendent plus rien depuis un an, mais ils continuent de monter des projets, ce qui veut bien dire que la profession est optimiste. Je mise sur une reprise pour le deuxième semestre 2013.

Salon du logement neuf, allées de Tourny à Bordeaux, du 28 au 30 septembre. Entrée libre.

Propos recueillis par Mickaël Bosredon
Newsletter
BREAKING NEWS

Recevez nos alertes
info en temps réel

publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr