Pourquoi le documentaire anti-Obama «2016» buzz autant

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Publié le 7 septembre 2012.

ETATS-UNIS - De nombreux critiques dénoncent une œuvre «de propagande» mais le succès est au rendez-vous...

De notre correspondant

Ce week-end, 2016: Obama's America devrait détrôner Une vérité qui dérange d'Al Gore et Sicko de Michael Moore et devenir le 2e plus gros succès de l'histoire au box office américain pour un documentaire politique. Avec 22 millions de dollars de recettes, il ne rattrapera pas les 119 millions de Fahrenheit 911 mais le succès de ce brûlot anti-Obama intrigue.

La thèse du film: Toutes les décisions d'Obama sont influencées par les vues anticolonialistes de son père

«Love Him, Hate Him, You Don't Know Him» («Que vous l'aimiez ou le détestiez, vous ne le connaissez pas»). Ultra-efficace, le slogan surfe sur la peur de l'étranger, dans un pays où 30% des électeurs républicains pensent qu'Obama est musulman. Le film s'appuie beaucoup sur la propre voix d'Obama narrant le livre Dreams from my Father. Selon le réalisateur Dinesh D'Souza, l'influence «d'un père kényan, marxiste, anticolonialiste et absent a façonné» les vues d'Obama. Le réalisateur passe chaque décision du président (réforme de la santé, politique internationale etc.) à travers le prisme de cette théorie. Et si Obama est réélu? Sa mission de «réduire l'influence américaine» dans le monde pourrait, selon le documentaire, encourager «l'émergence des Etats-Unis de l'islam» au Moyen-Orient et déstabiliser le monde entier.

Qui est Dinesh D'Souza?

Le coréalisateur du film est un intellectuel conservateur né en Inde en 1951. Installé aux Etats-Unis depuis 1978, il préside une petite université chrétienne new-yorkaise et a déjà publié trois livres. Dans La Fin du racisme, il appelle l'Amérique à dépasser sa «culpabilité» de l'esclavage. Avec L'ennemi de l'intérieur, il suggère que la déchéance morale des valeurs libérales ont en partie poussé Oussama Ben Laden à frapper les Etats-Unis. Enfin, dans Les racines de la rage d'Obama, il présente la thèse développée dans le documentaire.

En quoi est-il différent de la frange conspirationniste habituelle?

De ses propres mots: «Je ne suis pas un birther (ceux qui pensent qu'Obama n'est pas né aux Etats-Unis) et je ne crois pas qu'il soit en secret un musulman», expliquait D'Souza sur le plateau de Bill Baher. Mais selon lui, Obama est «anticapitaliste et voit l'Amérique comme une force de domination globale et de destruction, et ses militaires comme un instrument d'occupation néo-coloniale».

Un buzz de bouche à oreille bien relayé par les médias conservateurs

Sans budget marketing, le documentaire connait un succès conséquent. En marge de la convention républicaine de Tampa, une projection a été organisée et a alimenté les conversations. Mais surtout, les faiseurs d'opinion conservatrice, Glen Beck et Rush Limbaugh, ont largement contribué au buzz. D'Souza a depuis fait la tournée des plateaux télé, de Fox News à CNN.

Ce que disent les critiques

Les critiques ciné sont mauvaises (31% fresh sur RottenTomatoes): «Outrageant et profondément ennuyeux» pour The Village Voice, «prêche les convertis», selon le Washington Post, «une croisade folle plus personnelle que politique» pour Salon. Beaucoup assimilent D'Souza à «un Michael Moore de droite avec moins de talent». Mais le cinéaste n'a pas que des détracteurs. Le propriétaire de Fox News, Rupert Murdoch, a jugé le documentaire «effrayant» et appelé chaque électeur à le regarder «afin de décider quel futur ils veulent pour l'Amérique». L'ex-candidat répulicain Newt Gingrich, un ancien professeur d'histoire, a jugé le livre dont est adapté le film «brillant». Certaines voix conservatrices se sont cependant élevées contre D'Souza. Rappelant qu'Obama n'a rencontré son père qu'une fois, Gene Healy, fondateur du Cato Institute, dénonce des thèses «grotesques» et «une psychobiographie de comptoir».

Philippe Berry
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