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Publié le 6 septembre 2012.

art contemporain Six nouveaux musées sont en chantier

Comme un trentenaire qui prend subitement conscience qu'il doit penser à sa retraite, les fonds régionaux d'art contemporain (Frac, voir encadré) s'embourgeoisent. Six d'entre eux font actuellement construire de nouveaux locaux, objets d'une exposition au Centre Pompidou*. Et tous sont devenus des Frac de seconde génération.

Creuser une cave
A l'origine conçus pour aider les artistes français avec une politique d'achat d'œuvres, les Frac sont aujourd'hui à la tête de collections de plus en plus intéressantes. « Au départ, les Frac devaient acheter des œuvres pour les musées locaux, raconte Marie-Cécile Burnichon, de Platform, réseau des 23 Frac. Mais comme personne n'en voulait, ils les ont gardées. » Les responsables politiques se rendant compte qu'ils finançaient depuis des années des collections invisibles au public ont peu à peu décidé de doter les Frac de lieux d'exposition. « Au début, c'était du bricolage, on nous mettait où on pouvait, avec des espaces de réserves inadaptés et un manque de personnel. » Aujourd'hui, presque tous les Frac jouissent d'un nouveau lieu qui leur permet de remplir l'autre volet de leur mission : diffusion et sensibilisation du public. « Il y a un engouement des responsables politiques locaux pour ces collections, note Marie-Cécile Burnichon. Les nouveaux Frac sont ambitieux sur le plan architectural et des politiques urbaines. »

Vider le grenier
Même si l'enthousiasme domine, certains se préoccupent de l'avenir, comme Hilde Teerlinck, directrice du Frac Nord-Pas-de-Calais : « Il va falloir céder des œuvres à des musées parce que gérer une collection sur plus de trente ans devient trop lourd. Sur 1,2 million d'euros de budget, on ne peut consacrer que 300 000 € aux acquisitions. » Alors qu'à leur création, près de 100 % des budgets des Frac étaient destinés à l'achat d'œuvres. « Montrer les œuvres, ça coûte cher, les entretenir et les faire voyager encore plus, poursuit Hilde Teerlinck. Nous prêtons 800 œuvres par an sur les 1 500 de notre collection, c'est un taux énorme. » Pour rester des lieux expérimentaux dédiés à l'art d'aujourd'hui, les Frac vont devoir arrêter d'accumuler. Sur les six bâtiments en construction, la plupart des réserves sont déjà virtuellement pleines.

Benjamin Chapon
De l'art

Créés en 1982, les Frac fêteront réellement leurs 30 ans l'an prochain avec une série d'événements dans toute la France. « Les Frac souffrent encore d'un déficit de reconnaissance, note Marie-Cécile Burnichon. Il ne s'agit pas de faire du marketing mais que les gens sachent ce qu'ils ont à porter d'yeux. »

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