Polytechnique: 40 ans après les pionnières, une nouvelle génération de filles entre à l'X

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Publié le 14 septembre 2012.

En 1972, sept femmes, dont Anne Chopinet, major de promo, poussaient ...

En 1972, sept femmes, dont Anne Chopinet, major de promo, poussaient pour la première fois les portes de la prestigieuse école Polytechnique. Quarante ans plus tard, Frédérique Robin est l'une des 61 filles admises dans la promo 2012, 61 filles... pour 339 garçons.

 

Arrivée lundi matin par le train de nuit de Toulouse, la jeune fille de 20 ans, un peu fatiguée, découvre l'immense campus de Palaiseau (Essonne) où elle étudiera 4 ans durant, avec des périodes de stage et des séjours à l'étranger.

Malgré une scolarité exemplaire, "je ne pensais pas être ici un jour", avoue modestement cette fille d'un ingénieur et d'une comptable, diplômée d'une licence de maths.

Entrer à l'X est "un rêve qui devient réalité. On rentre dans la cour des grands (...). C'est une nouvelle vie qui commence avec de nouvelles opportunités", s'enthousiasme la jeune fille aux cheveux blonds, tirant sa valise dans les allées du campus.

Avant elle, plus de 1.800 femmes ont porté l'uniforme, le bicorne et l'épée, certaines réalisant des parcours brillants: Anne Chopinet, qui sera conseillère technique à la présidence de la République, la députée-maire UMP de Longjumeau (Essonne), Nathalie Kosciuzco-Morizet, la femme d'affaires, Pascale Sourisse, ou encore la secrétaire nationale du PS à l'économie, Karine Berger.

Pourtant, les débuts n'ont pas été simples et les premières étudiantes ont dû imposer leur présence dans cet univers resté masculin pendant près de deux siècles. "On était logées à l'infirmerie, l'école n'était pas faite pour accueillir les filles", se souvient Marion Guillou, de la promo X 1973, la deuxième à accueillir la gent féminine.

"la discipline militaire, ça va être dur"

"On était treize filles, ça a créé des liens très forts. Certaines de mes très bonnes amies sont de ma promotion", ajoute Mme Guillou. En mars 2008, elle est devenue la première présidente du conseil d'admnistration de l'école. "J'ai souvent été la première femme dans mes différents emplois", confie-t-elle.

Aujourd'hui, les femmes ne sont plus considérées comme "des animaux du zoo comme nous l'étions sans doute dans les premières années", se réjouit Marion Guillou. Mais elles restent toutefois ultraminoritaires: entre 15 et 18% d'une promotion.

"Il y a un problème d'attractivité des carrières scientifiques et des études d'ingénieur", regrette Mme Guillou.

"C'est à nous de témoigner dans les lycées. Il faut que nous arrivions à montrer que ça mène à une quantité de métiers, et qu'il est possible de conjuguer une carrière et une vie de famille", souligne cette mère de trois enfants.

Pour Frédérique, être entourée de garçons ne semble pas poser de problèmes: "en licence de maths, on était déjà minoritaires, ça s'est bien passé".

En revanche, "la discipline militaire, ça va être dur", redoute la jeune "Tossette" -étudiante de première année dans le jargon de l'école-, en regardant ses camarades s'entraîner à marcher au pas dans la cour.

La tenue de sport, un survêtement, un t-shirt large et des baskets, ne l'emballe pas davantage: "pas très féminin".

Mais être une fille peut aussi présenter des avantages: "A chaque soirée, il y a toujours au moins dix mecs autour de chaque fille", assurent deux étudiants de deuxième année. Pour les deux garçons, "plus il y a de filles, plus on est contents".

© 2012 AFP
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