Université d'été du PS: Plaidoyer de Jean-Marc Ayrault devant les militants

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Publié le 25 août 2012.

POLITIQUE - Le «camarade Jean-Marc» a été interrogé par plusieurs militants socialistes sur sa politique, il a expliqué sa méthode...

De notre envoyée spéciale à La Rochelle

Défense et illustration de l’action gouvernementale en prévision du gros temps. C’est la tâche à laquelle s’est attelée Jean-Marc Ayrault, ce samedi sur le port de La Rochelle. Sa venue à l’université d’été était présentée comme le «clou» de la journée: séance de questions (pas préparées promet-on mais quand même)-réponses entre le Premier ministre et les militants du MJS. Avec tutoiement de rigueur, entre «camarades». La salle plénière est bondée. Les organisateurs en ouvrent une autre où ils retransmettront les débats. L'ambiance est surchauffée, avant tout par le soleil. Les drapeaux ont été distribués. L’instrumentale de Nougayork, de Nougaro, retentit. Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry peuvent arriver ensemble. L’un monte à la tribune, au milieu d’une quinzaine de jeunes du MJS, l’autre va s’asseoir au premier rang.

La première question, sur les cent jours, permet à Jean-Marc Ayrault de dérouler son plaidoyer sur sa méthode gouvernementale. «Il y a des impatiences qui sont légitimes. Mon prédécesseur a affaibli le pays. Mais je ne veux pas être le Premier ministre qui multiplie les décisions dans la hâte, je ne veux pas être le Premier ministre du tournant de l’austérité», lance-t-il, la voix forte à l'intention autant des Français que de l'aile gauche du PS. La salle applaudit. «Je suis pour le changement dans la durée», revendique-t-il,  soulignant qu’il y a «deux niveaux d’actions: immédiate et en profondeur». Mais surtout, Jean-Marc Ayrault, confronté aux doutes des Français, veut plus de «pédagogie». Plus assuré que lors de son discours de politique général, il prévient ses camarades: «Il n’y aura pas de défausse du gouvernement, on se cachera pas derrière notre petit doigt. Il faut expliquer assumer, le courage de nos opinions et de nos actions».

La pédagogie pour méthode

L’impatience des Français, voilà le problème ciblé par l'exécutif, surtout pour un gouvernement dont le président a fait campagne sur l’immédiateté des réformes. «On a tellement dit que "le changement c’est maintenant" que je prendrais un énorme risque de vous décevoir si je vous dis qu’on ne fera pas tous les premiers mois», répond-il à un militant qui l’interrogeait sur le mariage gay, mettant les rieurs dans sa poche. Ce sera en 2013, s’est engagé Jean-Marc Ayrault. Et sur le pouvoir d’achat, il promet  à un autre militant «des annonces sur le carburant» très prochainement. Quant à l’énergie, «où l’on nous impose des hausses mécaniques, on ne va pas se résigner!». Il annonce le dépôt rapide d’une proposition de loi sur un nouveau système de tarification du gaz et de l’électricité.

Retour aux questions internes du PS avec une nouvelle question sur le traité budgétaire européen qui divise les socialistes. «Je sais que ça soulève des interrogations, que certains disent que le compte n’y est pas. Mais toute la construction européenne a été une question de compromis successifs. Avons-nous obtenu tout ce que nous voulions,  à l’évidence non. Est-ce que les lignes ont bougé? Oui et c’est cela qu’il faut considérer», conseille-t-il à l’aile gauche du parti qui veut rejeter ce texte. Il veut que, sur ce dossier, «la majorité soit consolidée».«Ce n’est pas l’alpha et l’oméga de notre politique, il faut qu’il y ait d’autres étapes pour qu’on réussisse notre combat pour la réorientation de l’Europe», plaide-t-il encore. On a cru voir des élus de la gauche du PS faire la moue dans une salle pas convaincue à 100%.

Ferme sur les roms, la sécurité et l'engagement du non cumul

Gros succès en revanche sur le non cumul des mandats. Rien que la question suscite un tonnerre d'applaudissements, alors la réponse... «Il n’y a pas de débat sur oui ou non faut-il instaurer le non cumul, c’est un des soixante engagements de François Hollande», «il y aura un projet de loi du gouvernement» après la fin des travaux de la commission Jospin en octobre. Le «camarade Jean-Marc», comme l'a appelé un militant, se fait plus ferme et moins consensuel en assumant la politique de fermeté à l’égard des Roms. «Nous ferons exécuter les décisions de justice. On ne peut pas faire autrement dans un état de droit.» 

A une question d’un jeune militant sur le lien entre la police et les jeunes, le Premier ministre reste sur le même terrain sur une ligne très «vallsienne». «La question de la sécurité, il ne faut pas que la gauche la porte toujours en s’excusant, c’est un droit des citoyens, dans la déclaration des droits de l’Homme de 1789. On va lutter contre toutes ces formes de délinquance», promet-il. Et avant de quitter ses «camarades», le Premier ministre demande aux militants de s'impliquer, d'expliquer l'action du gouvernement. «Pour réussir le changement, nous ne le ferons pas tout seul en haut, c’est toute la société qu’il faut mettre en mouvement», réclame-t-il. Et là, le Premier ministre sait que l'exécutif a encore beaucoup de boulot.

Maud Pierron, à La Rochelle
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