Etats-Unis: Les propos d'un républicain sur le «vrai viol» relancent le débat sur l'avortement

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Publié le 21 août 2012.

POLEMIQUE - Barack Obama et Mitt Romney ont rapidement dénoncé les propos de Todd Akin...

Il devait être le champion permettant aux républicains de s'emparer du Sénat en novembre. Mais en suggérant, dimanche, qu'une femme tombe «rarement enceinte» en cas de «véritable viol», Todd Akin a peut-être dit adieu à ses chances. Et perturbé le fil narratif d'une campagne que Romney essaie de center sur l'économie.

L'élu, membre de la commission des Sciences de la Chambre des représentants, a affirmé sur la chaîne KTVI : «De ce que j'entends de la bouche des docteurs, la grossesse après un viol est très rare (...). S'il s'agit d'un véritable viol, le corps de la femme essaie par tous les moyens de bloquer tout ça».

«Temps obscurs»

Comme le relève le Guardian, l'idée d'une fécondité bloquée par le corps féminin en cas de viol est une théorie empirique qui remonte jusqu'au XIIIe siècle. Aujourd'hui, elle provoque un tollé dans le corps médical. «S'il y a un œuf disponible et un spermatozoïde pour le féconder, la grossesse arrive. Il n'y a pas de mécanisme pour différentier le sperme ami et ennemi», confie à NBC Amy Rosenman. Selon cette professeur de santé publique à UCLA, de tels arguments «sortent de temps obscurs».

La presse américaine cite encore une étude de 1996 selon laquelle plus de 30.000 grossesses par an étaient le résultat d'un viol.

Déclarations «choquantes» pour Obama, «insultantes» pour Romney

Saisissant la balle au bond, le président Barack Obama a jugé ces déclarations «choquantes». «L'opinion exprimée (par M. Akin) est choquante. Un viol est un viol», a-t-il affirmé lors d'un point presse à la Maison Blanche. Son rival Mitt Romney n'a pas été en reste: les déclarations de M. Akin sont «inexcusables et franchement, fausses. Comme des millions d'Américains, je les trouve insultantes», a-t-il déclaré au National Review Online. Plus voix du parti ont appelé Akin à se retirer pour qu'un autre candidat se présente à sa place. Une possibilité qu'il a écartée, lundi, malgré le blocage de 5 millions de dollars destinés à financer sa campagne par l'état major de GOP.

Todd Akin n'est pas le premier élu –souvent républicain– à tenir de tels propos, un point que les associations défendant le droit à l'avortement n'ont pas manqué de rappeler. La semaine dernière, un email de campagne de Barack Obama affirmait qu'une victoire de Mitt Romney et Paul Ryan «mettrait la santé des femmes et leur liberté en danger». Un spot attaquant le ticket adverse sur ce point a été dénoncé par les cadres républicains.

Interrogé par 20 Minutes, le stratégiste républicain Patrick Dorinson estime qu'une telle tactique «est de bonne guerre». Selon lui, «Barack Obama préfère déplacer le débat sur les questions sociales plutôt que de parler de l'économie». Parfois, ses adversaires le font pour lui.

P.B. avec AFP
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