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Publié le 12 août 2012.

JEUX OLYMPIQUES - Le sélectionneur des Bleus se penche sur l'avenir de son équipe...

Il a savouré. Même si le protocole l’a exclu du podium, Claude Onesta a pu profiter du moment. «J’ai même chanté la Marseillaise, je sais que beaucoup me reproche de ne pas le faire». Et pourtant, depuis, depuis qu’il est à la tête des Bleus, il a eu quelques occasions de le faire, dont la dernière dimanche lors de la finale olympique contre la Suède (22-21).

Pourquoi aviez-vous l’air aussi calme au moment du coup de sifflet de l’arbitre?

Ceux qui le vivent pleinement sont  plus les spectateurs que les acteurs. Nous on est construit pour agir, anticiper, être toujours en avance. Donc c’est la concrétisation du travail bien fait. Pas plus. Après, quand on va rentrer et déboucher quelques bouteilles, on va pouvoir commencer à dire quelques conneries. Mon rôle n’est pas de sauter partout et de faire les roulades. Je me ferais mal au dos en plus.

Même les joueurs ont été plutôt raisonnables…

L’explosion, elle arrive quand c’est une délivrance. Là, c’est une construction progressive. On ne s’est vengés de rien, on est juste arrivés au bout de ce qu’on s’était promis. Je ne dis pas qu’on n’a jamais lutté. Les plus jeunes le vivent peut être comme un premier moment de gloire. Mais il y a aussi la sensation d’un match qui se déroulerait dans la durée, où il faudrait savoir tenir.

En quoi l’Euro raté de janvier en Serbie vous a été utile?

Ne pas retenir la leçon, c’était réussir la fin et gommer toutes les informations qui ont généré des difficultés. J’ai préféré abandonné l’Euro pour que la leçon qui en ressorte soit une leçon douloureuse. J’avais pas imaginé tout ça (l’or olympique, ndlr), mais je savais que si on ne sortait pas endoloris de cette aventure, on serait forcément en danger la fois d’après. On a soldé, on a recommencé à se préparer. On a refusé une invitation pour un match amical du Danemark. Ils jouaient au handball, pendant que nous on soulevait de la fonte, on faisait des tours de pistes, et on montait en haut de la montagne. On n’a pas mal construit notre affaire. Parfois on n’était pas fier, parfois on était dans l’expectative. Il y a eu des moments, on ne savait pas de quel côté ça allait partir. Les choses ne sont pas écrites, elles se réalisent au jour le jour.

Certains anciens, comme Didier Dinart, ne resteront peut être pas. A quoi ressemblera la prochaine équipe de France?

S’il doit y avoir de grands changements, je préfèrerai qu’ils aient lieu après le mondial 2013. Parce qu’on aura qu’une semaine à la fin octobre, et quelques jours pour préparer ces championnats du monde. Après, on aura une année complète pour aller jusqu’à la compétition suivante. Maintenant, je respecte aussi les décisions que prendront certains d’entre eux. J’ai toujours que la porte était ouverte pour ceux qui veulent rentrer, mais également pour ceux qui veulent en partir. Il y a aussi des gens que j’accompagnerai calmement, avec pudeur et respect, vers la sortie. Mon métier est de choisir.

La défense du titre mondial aura lieu dès janvier 2013. Un peu court pour profiter du titre olympique?

On aura toute la vie d’après pour ça. Tout ce qu’on a déjà  emmagasiné n’est pas neutre. On n’est pas des contemplatifs, on est dans l’action. On se réalise dans l’action. On n’a pas beaucoup de capacités à se regarder le nombril. Si on a que ça, on va vite se lasser.

Propos recueillis par Antoine Maes à Londres
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