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Publié le 11 août 2012.

JO / MARCHE - Ils courent 50 kilomètres dans une position assez peu naturelle...

De notre envoyé spécial à Londres,

«Je veux souffrir pour ressentir le maximum de plaisir.» Cédric Houssaye, qui forme l’équipe de France du 50km marche avec Yohan Diniz, entrera en compétition samedi. Visuellement, la discipline la plus douloureuse de tous les JO. Et en vrai aussi. Entretien «même pas mal» avec un forçat du bitume.

Quand arrive-t-elle? «Les douleurs arrivent au bout de 35 ou 40km. C’est rapide, ça te tombe dessus. D’abord, tu as un petit moment d’euphorie, avant un bon coup de barre. Le corps se dit sans doute «je touche au but, alors je lâche tout ce qu’il me reste». En fait, tant qu’on marche, ça va. Si on s’arrête, et ça arrive parfois, c’est terrible. Sur le moment ça fait du bien, mais après c’est pire. Après la course, généralement, je n’arrive pas à enlever mes chaussures, c’est mon coach qui vient m’enlever mes lacets. Quand tu passes la ligne, tout ton corps se relâche, toute la tension musculaire arrive, tu es à la limite de la crampe.»  

Où a-t-on mal? «Le gros coup de barre, ça m’est arrivé une fois. Tes bras pèsent deux tonnes, ta montre est lourde, ta casquette te gêne, tes lunettes aussi, même ton maillot. Ca devient même dur de lever les bras pour se ravitailler. Les jambes ça va, elles sont entraînées pour ça. Mais musculairement, on est une courbature géante. Les pieds sont protégés parce qu’ils sont habitués. On se protège aussi les tétons, parce que généralement, les équipements sont neufs et donc un peu abrasifs. L’entre-jambe aussi est protégée. Je me souviens d’une photo de Thierry Toutain, les jambes totalement en sang, parce que la couture de son short le blessait.»  

Comment la supporte-t-on? «La douleur on la redoute, elle est au fond de nous. Pour supporter ça, je fais un peu de préparation mentale. Je me coupe de la douleur. J’ai des flashs préparés: mes proches, mes enfants, ma compagne, mes parents. Ca ne dure même pas une seconde, mais normalement, ça repart. Où est le plaisir? Dans le fait d’accomplir quelque chose qui paraît impossible. Dans ce cas, la douleur, on la zappe assez vite. Au bout d’un moment, on se dit même que c’était presque facile. Et quand on retourne à l’entraînement et qu’on se rend compte que non, on se demande comment on a fait pour endurer ça.» 

Antoine Maes
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