Propos sur la Syrie: Est-ce le grand retour de Nicolas Sarkozy?

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Publié le 9 août 2012.

POLITIQUE - L'ancien chef de l'Etat est sorti de son silence pour donner son point de vue sur le conflit...

Jusque-là, Nicolas Sarkozy s’était fait plutôt discret. Si ses activités (installation dans son nouveau bureau, entrée au Conseil constitutionnel, vacances…) ont été suivies médiatiquement, il avait pris soin de ne pas dévoiler publiquement son sentiment sur les débuts de son successeur à l’Elysée. Mais sur la Syrie, il n’a visiblement pas pu s’en empêcher, appelant mardi à une action rapide de la communauté internationale.

Pour l’opposition, cette sortie est une belle aubaine, appuyant singulièrement les récentes critiques de responsables de l'UMP contre l'inertie présumée du nouveau chef de l'Etat sur le sujet syrien. Surtout, elle pourrait donner de l’espoir à ceux qui regrettaient sa mise en retrait volontaire depuis le 6 mai: Christian Estrosi ou encore l’association «Les amis de Nicolas Sarkozy» (Claude Guéant, Brice Hortefeux, Nadine Morano, Nora Berra, Christine Boutin, etc.).

«Cela fait des jours et des jours qu’il bout d’impatience»

Cependant, le communiqué de Nicolas Sarkozy, conjoint avec le président du Conseil national syrien, ne laisse rien présager d’un grand retour sur le devant de la scène, le texte étant assez subtil pour ne pas viser seulement le gouvernement français. Mais l’explication d’un proche de l’ex-chef de l’Etat dans le Parisien ce jeudi est limpide: «Cela fait des jours et des jours qu’il bout d’impatience. Il ne comprend pas la passivité de la France face aux massacres quotidiens de l’armée d’Assad. Il trouve Hollande et la diplomatie française pas assez fermes. Et la presse trop clémente à l’égard du nouveau pouvoir. Alors ça l’énerve.»

Coup d’éclat éphémère? Pas pour François-Xavier Weiss, secrétaire national UMP, selon qui «Nicolas Sarkozy va revenir en force sur la scène internationale à la rentrée». Pour l'un de ses anciens ministres, l'ex-président «se garde des portes ouvertes, les choses n'étant pas arrêtées dans sa tête».

«Est-ce que c'est pour ne pas se faire oublier?»

Patience donc. Mais, même du côté de la majorité, on ne croit pas à un retrait définitif et on estime que Nicolas Sarkozy a choisi de sortir de sa réserve pour avancer ses pions dans la lutte interne pour la présidence de l'UMP, que se disputent les deux favoris François Fillon et Jean-François Copé.

«Est-ce que c'est - mais ce serait vraiment dérisoire - pour ne pas se faire oublier?», s’interroge le ministre des Affaire étrangères, Laurent Fabius, dans le Parisien ce jeudi. Pour Guillaume Garot, ministre délégué à l'Agroalimentaire interrogé sur RTL, pas de doute: «Chacun aura décodé cette sortie de Nicolas Sarkozy pour exister aux yeux de ses amis».

«Se rappeler au bon souvenir des militants de l'UMP»

L’ancien président de la République «a voulu non pas intervenir dans la crise syrienne, mais se rappeler au bon souvenir des militants de l'UMP», a renchéri Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS aux questions internationales, sur i-Télé. Des soupçons balayés sur RTL par Brice Hortefeux: «Je peux vous garantir que sa préoccupation aujourd'hui, ce n'est certainement pas des questions de politique intérieure.»

S’il s’agit uniquement de politique internationale, le retour de Nicolas Sarkozy est alors manqué, selon l'ex-secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche, rare voix discordante dans l'opposition, et qui a estimé mardi sur France Inter qu’«il n'y a pas de place pour deux diplomaties françaises». Et d’ajouter: «J'espère que tout ça a été coordonné avec le nouveau pouvoir en place».

Corentin Chauvel avec agences
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