Chambly la rurale "surprise" d'être retenue en zone de sécurité prioritaire

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Publié le 7 août 2012.

A 40 kilomètres au nord de Paris, la petite ville de Chambly s'étonne de figurer parmi les quinze première zones de sécurité prioritaires désignées par le gouvernement, aux côtés de Saint-Denis, Saint-Ouen (93) ou des quartiers nord de Marseille.

Un peu plus de 9.000 habitants, un petit centre-ville avec une pharmacie, une boulangerie, une boucherie, une maison de la presse, quelques cafés rassemblés autour de l'église et de la mairie : Chambly ressemble à des milliers de petites villes françaises sans histoires.

C'est donc un peu "surpris" que ses habitants ont appris que leur commune était désormais en "zone de sécurité prioritaire", selon une liste révélée samedi par le ministère de l'Intérieur.

"C'est surprenant", sourit Florian, jeune homme de 24 ans travaillant pour l'agence immobilière de Chambly. "Je vis depuis toujours ici et tout le monde a été étonné; il n'y a pas de problème à Chambly", explique-t-il.

Magalie Doucet, pharmacien adjoint, cite bien quelques cambriolages et les vols de voitures en augmentation du côté de la gare, mais "les gendarmes sont assez présents".

A la maison de la presse, le débat s'engage. Patricia Lecoq s'est installée à Chambly il y a 17 ans après avoir quitté Villeneneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine). "Je n'ai jamais eu de soucis ici. Mon fils qui était adolescent trouvait même Chambly trop calme", assure-t-elle.

"Il y a une recrudescence des cambriolages, les personnes âgées se font agresser", affirme la patronne, Odile David, qui habite Chambly depuis 44 ans.

Une délinquance "de l'extérieur"

"Le Chambly d'avant et le Chambly de maintenant n'ont plus rien à voir", assure la commerçante tout en reconnaissant que "ce n'est pas une catastrophe, il y a pire, à Creil ou Persan", les villes voisines.

Pour les habitants de Chambly, la délinquance vient "de l'extérieur". Limitrophe du Val d'Oise et proche de Paris, la ville serait victime d'une "délinquance importée".

C'est aussi l'avis du député-maire PS de la ville, Michel Françaix, et la raison pour laquelle sa ville aurait été choisie pour figurer parmi les zones de sécurité prioritaire. Chambly n'a "ni bande, ni gang, ni trafic de drogue" mais, selon son maire, elle est retenue "comme ville test pour l'avenir" car en zone gendarmerie située à 30 kilomètres de grandes villes en zone police.

"La délinquance n'est pas la notre, elle est importée de la région parisienne", affirme-t-il, précisant que "les vols de voiture et les cambriolages augmentent".

Il s'agit donc de voir "quels sont les moyens à mettre en place pour ce type de délinquance" que connaissent nombre de petites villes semblables à portée de voiture de grosses villes comme Paris, Lyon ou Marseille.

Dans un premier temps, il s'agira de "travailler", de "renouveler le contrat local de sécurité". Aucun moyen supplémentaire n'est annoncé pour l'instant même si, en ville, des rumeurs circulent sur de nouvelles caméras qui seraient installées autour de la gare.

Quant à d'éventuels soupçons de favoritisme pour ce proche de François Hollande, Michel Françaix rappelle que Chambly dépend de la compagnie de gendarmerie de Chantilly, ville dirigée par l'UMP Eric Woeth.

"J'ai peur de l'image que cette décision va donner de Chambly", souligne Florian le jeune agent immobilier tout en se rassurant, "les gens du coin savent que c'est inexact".

Une partie de sa clientèle est composée de Parisiens et de Franciliens fuyant les grandes villes pour la tranquillité de Chambly.

© 2012 AFP
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