Lutte: De Pékin à Londres, ce qui a changé chez Steeve Guénot

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Publié le 7 août 2012.

LUTTE – Le champion olympique 2008 est de nouveau prêt à décrocher l’or à Londres…

De notre envoyé spécial à Londres,

Il était le champion olympique surprise de la délégation française à Pékin. Avec son frère Christophe, médaillé de bronze, le lutteur a connu soudainement la célébrité avant de renouer avec son quotidien. A Londres, Steeve Guénot ne demande qu’à revivre les émotions de 2008. Même si depuis, l’athlète de 26 ans n’est plus tout à fait le même…

Plus technique? «Non… Ma lutte est différente parce que le règlement n’est pas le même. Il y a plus de lutte debout. Ça me convient parfaitement. En quatre ans, j’ai progressé. J’ai eu quelques blessures mais je reviens bien. Je n’ai pas révolutionné ma lutte en quatre ans si ce n’est que je suis plus agressif sur la lutte debout. J’ai aussi trouvé quelques variantes au sol mais c’est dur de changer une lutte qui est déjà posée depuis quelques années.»

Plus physique? «Oui, physiquement je me suis renforcé, mais ça veut dire que je dois aussi perdre plus de poids. Il faut savoir faire un gros régime pour arriver le jour de la compétition en forme. Il faut être sérieux sur l’hygiène de vie. J’ai connu pas mal de soucis physiques en quatre ans. Je me suis blessé au pouce, mais ça va nickel. J’ai aussi eu une déchirure à l’ischio. Ça a duré longtemps. Pour revenir sur mes résultats, en 2009, il y avait un manque de sérieux, c’était l’année du relâchement. 2010 était une bonne année, où j’ai terminé 3e aux Europe, et 5e aux monde. Après en 2011, j’ai fait les “compètes” à moitié. Et 2012, on saura bientôt.»

Plus attendu? «C’est certain, je suis l’homme à abattre maintenant. A Londres, j’y vais comme sur une autre “compète” en évitant de me mettre toute cette pression. On sait à quel point c’est important d’aller chercher les médailles. C’est pareil pour les étrangers. Moi, les autres lutteurs me connaissent mieux.»

Plus sollicité? «Il y a eu cette surmédiatisation après les Jeux. On a parlé de nous pendant quelques mois et la vie a repris son cours normal. C’est intéressant pour notre sport, mais il faut savoir mettre ça de côté de temps en temps. Et puis ça s’est calmé progressivement.»

Plus riche? «En fait, mon titre olympique ne m’a apporté qu’un sponsor, Adidas. C’est déjà bien pour un lutteur. Avant il n’y en avait pas. Sinon, j’ai eu pas mal de retombées mais rien à voir avec d’autres sports. Aujourd’hui, j’ai un contrat avec la police qui me permet de vivre. Et j’ai investi dans un bar.»

Plus célèbre? «On ne me reconnaît pas, sauf de temps en temps. Avant, quand je marchais avec mon frère, on nous reconnaissait. Et puis je suis retourné passer mes journées à l’Insep. La dernière fois que j’ai signé un autographe, ça doit remonter à trois mois, sur les Champs-Elysées au magasin Adidas.»

Plus sage? «Je suis plus posé, oui. A l’époque, j’avais 22 ans. Je faisais plus la fête, j’étais célibataire. Maintenant, j’ai une copine. Il y a eu une période après Pékin où je m’entraînais, mais je faisais la fête. Je me suis relâché et puis petit à petit, je me suis remobilisé. La fête, c’est rare. Je l’ai faite en avril quand je me suis qualifié, je suis parti en vacances et depuis, je me suis remis dans l’entraînement. Je ferai la fête après les Jeux.»

Plus ambitieux? «Un deuxième titre olympique, j’y pense souvent. Ce serait vraiment énorme. Je pense que là, j’arrête. Je reste sur une victoire. Enfin, je vais voir... Si je continue jusqu’en 2016, je vais monter d’une catégorie. Mon frère, lui, passera entraîneur national.»

Propos recueillis par Romain Scotto, à Londres
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